
Présidentielle au Brésil : Lula caracole en tête au Pernambouc, bataille serrée pour le gouvernorat
Un récent sondage montre le président brésilien en position de force dans cet État du Nordeste, où la course au poste de gouverneur reste indécise et celle au Sénat très fragmentée.
À un an des élections générales brésiliennes de 2026, un sondage local vient confirmer l’ancrage du président Luiz Inácio Lula da Silva dans le Nordeste, tout en révélant des dynamiques compétitives pour les autres scrutins dans l’État du Pernambouc. Selon l’institut Real Time Big Data, Lula y recueillerait 57 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, loin devant le représentant de la droite bolsonariste, Flávio Bolsonaro, crédité de seulement 22 %. Mais c’est au niveau local que se jouent les batailles les plus indécises : la course au poste de gouverneur oppose l’ex-maire de Recife, João Campos (PSB), à la gouverneure sortante Raquel Lyra (PSD), avec un écart infime.
Dans ce bastion historique du Parti des travailleurs, Lula surfe sur une popularité qui dépasse les clivages partisans. Le score de 60 % au second tour hypothétique contre Bolsonaro (34 %) témoigne d’un rejet persistant de l’ancien président chez les électeurs du Pernambouc, un phénomène courant dans le Nordeste où les politiques sociales des années Lula ont laissé une empreinte durable. Pourtant, les analystes rappellent que le soutien à Lula n’est pas mécaniquement transférable aux scrutins locaux, comme le montre la fragmentation du paysage politique.
Ainsi, la rivalité entre João Campos et Raquel Lyra pour le gouvernorat cristallise les tensions entre héritages politiques et gestion actuelle. Campos, fils de l’ancien gouverneur Eduardo Campos, incarne une gauche modernisée, tandis que Lyra, issue du centre-droit, défend son bilan à la tête de l’État. Avec respectivement 45 % et 40 % des voix, l’écart se situe dans la marge d’erreur de deux points, laissant présager une campagne âpre. Les 6 % d’électeurs indécis pourraient s’avérer décisifs, d’autant que les autres candidats peinent à exister.
La course au Sénat reflète également un éclatement des forces politiques. Pour les deux sièges à pourvoir, la députée Marília Arraes (PDT) et l’ex-maire Miguel Coelho (União Brasil) apparaissent en tête, mais avec des scores modestes, autour de 26 % et 19 % selon les scénarios. Une myriade de candidats — Humberto Costa du PT, Mendonça Filho du PL, et d’autres — se partagent les miettes dans un mouchoir de poche. Cette dispersion souligne la difficulté des partis à structurer des alliances stables au niveau régional, un trait partagé par de nombreux États brésiliens.
Au-delà du Pernambouc, ces chiffres esquissent les contours d’une élection nationale qui s’annonce polarisée mais avec des nuances locales. Si la domination de Lula dans le Nordeste rassure son camp, la fragilité de ses alliés aux élections régionales pourrait compliquer la construction d’une coalition gouvernante. Dans un Brésil où le fédéralisme donne un poids considérable aux États, l’issue de ces scrutins locaux influencera la capacité du vainqueur à mettre en œuvre son programme. Les prochains mois verront probablement un resserrement des alliances, à mesure que les campagnes s’intensifieront dans cet État observé comme un baromètre de l’opinion.
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