
Propagande russe : Solovyov cible Mattarella, l’Italie dans le viseur du Kremlin
Pour le troisième jour consécutif, le propagandiste Vladimir Solovyov, fidèle relais du Kremlin, a pris pour cible les plus hautes institutions italiennes. Après avoir insulté la présidente du Conseil Giorgia Meloni, l’animateur vedette de la télévision d’État russe s’en est pris au président de la République Sergio Mattarella, l’accusant de « ne pas savoir de quoi il parle » pour avoir comparé la Russie au Troisième Reich. Cette escalade verbale, qui vise également l’ancien ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio, intervient alors que l’ambassadeur de Russie à Rome, Alexeï Paramonov, avait pourtant appelé à « contenir les émotions » pour préserver la sensibilité des deux peuples — un appel resté lettre morte.
Cette offensive ne relève pas du simple dérapage médiatique. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, Moscou cherche visiblement à fragiliser la coalition occidentale en ciblant l’Italie, perçue comme l’un des maillons les plus exposés de l’Union européenne. Les attaques de Solovyov, qui avait déjà qualifié Meloni de « fasciste » pour son soutien à Kiev, s’inscrivent dans une stratégie de déstabilisation politique visant à exacerber les tensions internes et à saper la légitimité des dirigeants italiens. La Farnesina a convoqué l’ambassadeur russe, mais le mal est fait : la propagande du Kremlin trouve un écho dans certains segments de l’opinion publique italienne, où les discours anti-OTAN et les récits sur le « nazisme ukrainien » rencontrent une audience non négligeable.
Du côté des partenaires européens et francophones, cette dérive inquiète. À Bruxelles comme à Paris, on redoute que la répétition de ces attaques ne finisse par éroder la confiance dans la fermeté italienne. Au Canada et en Belgique, où les diasporas ukrainiennes sont actives, cette instrumentalisation de l’histoire — le parallèle entre la Russie et le nazisme — est perçue comme une dangereuse falsification. En Afrique francophone, où la Russie gagne en influence par le biais de récits anti-impérialistes, de tels épisodes confortent l’idée d’un Occident divisé et affaibli.
L’avenir dira si cette campagne de dénigrement portera ses fruits. Mais une chose est sûre : en ciblant Mattarella, figure respectée et garante de l’unité nationale, le Kremlin franchit une ligne rouge. Rome devra répondre non seulement par des gestes diplomatiques, mais aussi par un renforcement de sa résilience informationnelle, sous peine de voir la machine de guerre narrative russe creuser un fossé entre l’Italie et ses alliés.
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