
Qatar en quête de rédemption, entre guerre régionale et miracle sportif
Après l’humiliation d’un Mondial à domicile perdu sans gloire, le petit émirat aborde le tournoi nord-américain lesté par un conflit iranien qui a bouleversé sa préparation.
Ce samedi 13 juin 2026, sur la pelouse de Santa Clara en Californie, le Qatar affronte la Suisse pour son entrée en lice dans la Coupe du monde. En apparence un simple match du groupe B, la rencontre concentre pourtant huit années de tourments, de résilience et d’espoir pour une sélection qui avait touché le fond en 2022. Julen Lopetegui, l’entraîneur espagnol, vit lui-même un étonnant retour : en 2018, nommé sélectionneur de la Roja puis limogé à la veille du tournoi russe pour avoir signé avec le Real Madrid, il avait vu son rêve mondial s’effondrer. Cette fois, il conduit une équipe qui a arraché sa qualification sur le terrain, un exploit qui lui confère une légitimité que le statut d’hôte de 2022 n’avait jamais offerte.
Les observateurs de l’espace germanophone et de la péninsule Ibérique mettent toutefois en lumière les conditions rocambolesques de la préparation qatarie. Selon la presse suisse-alémanique, l’extension du conflit iranien a contraint Lopetegui à découvrir « la vie en guerre » : alertes aux bombardements, confinement à domicile, annulation de plusieurs matchs amicaux. Lui dont la famille, restée en Espagne à plus de 5 000 kilomètres, s’inquiète quotidiennement, a dû apprendre à composer avec un huis clos sécuritaire qui relègue le football au second plan. Le quotidien madrilène El Mundo rappelle que l’ancien gardien international a déjà connu l’amertume, congédié du Real en octobre 2018 après un été où « tout ce qui pouvait mal tourner a mal tourné » – du départ de Cristiano Ronaldo à l’effondrement d’un projet que l’on disait solide. Huit ans plus tard, c’est donc un technicien blindé par l’adversité qui se tient sur le banc qatari.
Dans le Golfe, le récit est tout autre. Les quotidiens émiratis Khaleej Times et Emirates 24/7 saluent la détermination d’une équipe qui « n’attend aucun cadeau » et n’aspire qu’à rendre sa fierté à un peuple. Le capitaine Hassan Al Haydos promet « un effort maximal », tandis que Lopetegui martèle que l’objectif initial – se qualifier – a été atteint « avec l’aide de ce groupe ». Le souvenir des trois défaites et de l’unique but inscrit en 2022, pire performance jamais enregistrée pour un pays hôte, reste une cicatrice vive. Mais l’orgueil d’avoir composté son billet pour l’Amérique du Nord à la régulière fait office de viatique moral.
Au-delà du rectangle vert, ce Qatar-Suisse revêt une dimension géopolitique que les lecteurs francophones, notamment au Canada, coorganisateur du tournoi avec les États-Unis et le Mexique, ne manqueront pas de relever. Le conflit iranien qui a parasité la préparation des Al-Annabi souligne la fragilité du sport face aux tensions qui traversent la région. Et l’ombre de 2022, où les critiques sur les droits humains et l’attribution controversée du Mondial avaient brouillé l’image de l’émirat, plane encore. Pour Doha, un parcours honorable en sol nord-américain serait une manière de refermer cette parenthèse, tandis que Lopetegui, en cas de succès, pourrait enfin écrire la page mondiale que la fédération espagnole lui avait brutalement arrachée.
| Presse européenne continentale | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | +0.30 | aligned |
| Presse atlantique / anglosphère | −0.50 | critical |
L'équipe nationale qatarienne aborde le Mondial nord-américain plombée par son fiasco à domicile en 2022, un entraîneur poursuivi par la polémique et un joueur assigné à résidence. La guerre en Iran assombrit encore le tableau, ne laissant que peu d'espoir avant le match contre la Suisse.
Le Qatar n'attend aucun cadeau et aborde la Coupe du monde avec la volonté de restaurer sa fierté après 2022. L'entraîneur Lopetegui, enfin à sa première Coupe du monde après le fiasco avec l'Espagne, souligne la compétitivité et l'engagement total du capitaine Al Haydos.
L'entrée en lice du Qatar au Mondial est assombrie par l'extension du conflit iranien, la détention d'un joueur et les inquiétudes sécuritaires. Après la déception sportive et les critiques sur les droits humains en 2022, la qualification de justesse ne suffit pas à dissiper les doutes sur sa capacité de résistance.
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