
Quand Buzz l’Éclair croise un potier de 70 ans : Toy Story 5 et la revanche des jouets
De l’artisan espagnol devenu viral avec ses tasses en céramique aux nouvelles aventures des jouets de Pixar, le cinquième volet de Toy Story interroge le lien ambivalent des enfants — et des adultes — face aux écrans.
Une place vide dans une foire artisanale espagnole. José, 70 ans, filme d’une main son étal peu fréquenté et écrit en légende : « POV : Personne n’est venu à mon stand de tasses Toy Story faites à la main ». La vidéo, postée sur TikTok, aurait pu rester une confidence amère. Elle devient le point de départ d’une inattendue revanche : quelques jours plus tard, le même artisan publie un plan serré où l’on voit ses doigts modeler la terre, peindre les détails du visage de Woody, cuire la céramique. En treize secondes, le processus fascine. Les commentaires affluent — des centaines d’internautes se disent prêts à acheter, émus par la minutie et la tendresse de ce geste obsolète.
Cette tension entre l’immatériel et le tangible est précisément le terreau du cinquième Toy Story, où la petite Bonnie, incapable de se faire des amis, se voit offrir une tablette LilyPad. « Avec sa technologie, elle sert à tout faire, alors que les jouets ne servent qu’à jouer », résume, pincé, le cow-boy Woody. Dans le scénario, cette LilyPad n’est pas l’ennemie : elle veut le bonheur de l’enfant, comme le souligne la comédienne québécoise Katherine Levac, qui lui prête sa voix dans la version française. Mais son arrivée provoque panique, colère et dépression chez les jouets, relégués au tiroir. Le film suggère que la technologie redéfinit le jeu sans pour autant condamner l’imaginaire, un équilibre difficile que les médias nord-américains ont jugé « maladroit dans son exécution », tout en saluant la justesse de son propos.
Cette ambivalence irrigue également le retour inattendu de Steven Spielberg au cinéma de science-fiction. Avec Disclosure Day (Le Jour de la révélation), il renoue avec les récits d’extraterrestres qui ont fait sa légende, vingt ans après des échecs critiques comme The Fabelmans. Selon les analystes de l’industrie cinématographique états-unienne, le film a créé la surprise en engrangeant 44,5 millions de dollars lors de son premier week-end domestique — le meilleur démarrage pour une œuvre originale du réalisateur. Pourtant, c’est Toy Story 5 qui s’apprête à écraser la concurrence : les projections annoncent une ouverture entre 160 et 170 millions de dollars en Amérique du Nord, reléguant Disclosure Day au deuxième rang. Spielberg, lui, profitait de la promotion pour clarifier le destin de E.T. : le petit alien et Elliott ne se sont jamais revus physiquement, un choix délibéré pour préserver l’intégrité émotionnelle du film de 1982. Le lien, disait-il, est resté psychique, à travers les rêves — une connexion aussi invisible qu’indéfectible, comme celle qui unit un enfant à son jouet fétiche.
Loin des grands studios, la chronique de l’artisan espagnol rappelle que la céramique, comme le doublage, prolonge la vie des personnages par la main humaine. Au Québec, Christian Bégin, qui incarne Rouleau Petit-Pot, un vieil entraîneur à la propreté égaré dans un tiroir, confie avoir possédé enfant ce jouet réel, « un des premiers jouets technologiques ». À l’écran, son personnage, ivre de batterie faible, est ramené à la vie par un simple changement de piles. Dans la salle de montage comme dans l’atelier de José, la technologie n’efface pas la mémoire des gestes : elle la réactive.
La dernière image pourrait être celle de ces mains septuagénaires caressant la barbotine, donnant forme à Buzz l’Éclair avec une patience de potier. Ou cet aveu de Katherine Levac, humoriste et doubleuse, qui résume le paradoxe contemporain : « Comme tout le monde, c’est compliqué. On est tous un peu accros. Mais les écrans ont aussi beaucoup d’aspects positifs. Il faut trouver un équilibre. » Vaste programme, que même les jouets de Bonnie semblent avoir compris : leur véritable mission, disent-ils, est d’aider les enfants à devenir eux-mêmes – avec ou sans pixels.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse russe et CEI | −0.40 | critical |
Coverage focuses on the box office competition between Toy Story 5 and Spielberg's Disclosure Day, questioning whether another sequel was necessary. The tone is measured but skeptical, noting that the film performed decently but fell short of expectations, especially given franchise fatigue and the thematic shift toward screen-time anxiety.
The piece presents Spielberg's Disclosure Day as an act of resistance against the era of remakes, implicitly criticizing sequels like Toy Story 5. The tone is wary and emphasizes the need to return to original storytelling, echoing cultural traditionalism.
Élargis ton regard
L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan scellent un pacte de défense collective à La Mecque
12 langues · 50 sources
Depuis Economy & MarketsIndonésie : les prévisions de croissance pour le deuxième trimestre 2026 divergent fortement
2 langues · 11 sources
Depuis TechnologyMoscou encadre les SMS d'authentification des SIM d'enfants, sans interdire les réseaux sociaux
3 langues · 13 sources