
Quand une plaisanterie de Jimmy Kimmel met en péril les licences d'ABC : l'escalade autoritaire de l'administration Trump
La Commission fédérale des communications (FCC) a ordonné mardi un réexamen anticipé des licences de huit stations de télévision appartenant à Disney, maison mère du réseau ABC, au lendemain des appels du président Donald Trump et de la première dame Melania Trump à licencier l’animateur Jimmy Kimmel. Ce dernier avait osé, lors d’une satire du dîner des correspondants de la Maison-Blanche, qualifier l’épouse du chef de l’État de « future veuve », une allusion à la différence d’âge de vingt-trois ans entre les époux. La plaisanterie, proférée quelques jours avant qu’un homme armé ne tente d’assassiner Trump lors de ce même dîner, a fourni un prétexte inespéré à l’exécutif pour transformer une vieille rancune personnelle en une affaire d’État sur la liberté d’expression.
Cette offensive ne surgit pas de nulle part. Brendan Carr, le président de la FCC nommé par Trump, avait déjà annoncé sur un podcast d’extrême droite en septembre dernier qu’il entendait régler le cas Kimmel « par la manière douce ou par la manière forte ». Le choix de la manière forte est désormais patent : l’agence motive sa décision par une enquête ouverte en mars sur les pratiques de diversité et d’inclusion de Disney — un prétexte juridique que les observateurs européens, à l’image de la *Frankfurter Allgemeine Zeitung*, jugent « absurde » de la part d’un président qui « n’a pas de limites en matière de discours de haine ». Au Canada, Radio-Canada souligne le caractère « hautement inhabituel » de la procédure, dénoncée par les démocrates et les défenseurs de la liberté de la presse.
Si l’administration brandit la menace d’un retrait de licence, les analystes rappellent que la probabilité qu’une telle mesure aboutisse est faible — mais l’intimidation suffit à peser sur le nouveau PDG de Disney, Josh D’Amaro, nommé en pleine tempête. Alors que Kimmel, refusant de s’excuser, continue d’animer son émission, le conflit s’inscrit dans une escalade plus large où la Maison-Blanche instrumentalise les agences fédérales pour faire taire ses critiques. La question qui se pose désormais, au-delà des blagues de late-night, est celle des limites du pouvoir exécutif face à un outil de régulation conçu pour protéger l’intérêt public, non pour servir des vengeances personnelles.
Élargis ton regard
Trump suspend les frappes contre l’Iran, en attendant un accord rapide
2 langues · 74 sources
Depuis Economy & MarketsAmazon franchit le seuil des 3 000 milliards de dollars de capitalisation, porté par le cloud et l’IA
6 langues · 11 sources
Depuis TechnologyGIIAS 2026 : la citadine électrique Chery Q enregistre 6 000 commandes, bousculant le marché indonésien
1 langue · 15 sources