
Shakira à Copacabana : une marée humaine de deux millions d’âmes pour un concert historique
La plage de Copacabana n’avait jamais vu cela : samedi soir, sous une pleine lune de mai, la chanteuse colombienne Shakira a rassemblé près de deux millions de personnes sur le sable de Rio de Janeiro, pulvérisant le record d’affluence pour un concert gratuit. L’événement, point d’orgue de sa tournée « Las Mujeres Ya No Lloran », dépasse les foules déjà phénoménales attirées par Madonna en 2024 et Lady Gaga en 2025. Mais au-delà du nombre, c’est le symbole qui frappe : pour la première fois, une artiste latino-américaine s’impose comme tête d’affiche d’un mégaconcert sur l’un des décors naturels les plus emblématiques de la planète, affirmant la place centrale de l’Amérique latine dans la géographie de la pop mondiale.
Le retentissement économique de la soirée a lui aussi marqué les esprits. Selon les autorités municipales, l’investissement modeste de la production – un spectacle gratuit en apparence – a généré un retour estimé à 155 millions de dollars pour Rio, entre tourisme, hôtellerie et restauration. Les médias européens, du quotidien espagnol *La Gaceta* aux italiennes *Il Fatto Quotidiano* et *Libero*, ont souligné cette alchimie entre soft power culturel et rentabilité immédiate. La presse brésilienne, elle, a célébré l’hommage de la star aux couleurs du pays : sa combinaison ornée de plus d’un million de cristaux Swarovski, aux teintes vert et jaune, et le grand drapeau brésilien qu’elle brandissait en ouverture, n’ont pas échappé aux afiçionados locaux. Le spectacle de drones dessinant une louve dans le ciel a ajouté une dimension technologique à cette communion populaire.
Cette réussite contraste avec les aléas rencontrés le même week-end par une autre diva latine, Laura Pausini, contrainte de suspendre son concert à Quito (Équateur) en raison du manque d’oxygène en altitude – rappelant que les tournées sud-américaines, aussi triomphantes soient-elles, demeurent tributaires de contraintes géographiques parfois brutales. Mais l’onde de choc de Copacabana dépasse ces péripéties. Elle interroge la capacité des mégalopoles du Sud global à s’imposer comme scènes incontournables de l’industrie musicale, au détriment des stades nord-américains ou européens.
À l’heure où les tourne-disques vacillent face au streaming, le concert gratuit sur une plage devient un outil de conquête de masse, mêlant image, émotion et retombées économiques. Rio, après Madonna, Gaga et désormais Shakira, pourrait bien être en train d’inventer un modèle – celui d’un divertissement accessible, géant et éphémère, où la marée humaine remplace le cachet d’entrée. Pour Shakira, qui a construit sa résilience artistique autour de l’album *Las Mujeres Ya No Lloran*, cette soirée consacre une forme de revanche : celle d’une femme et d’une région qui, désormais, font battre le cœur de la pop.
Élargis ton regard
Iran et Oman finalisent un accord temporaire sur le détroit d’Ormuz, Washington sous pression
4 langues · 30 sources
Depuis Economy & MarketsProvisionnement en hausse : les banques émergentes entre expansion du crédit et dégradation des actifs
2 langues · 6 sources
Depuis TechnologyMoscou encadre les SMS d'authentification des SIM d'enfants, sans interdire les réseaux sociaux
1 langue · 13 sources