
Tentative d’assassinat contre Trump : l’accusé réclame la levée des mesures antisuicide
Le 25 avril dernier, alors que le gratin de la presse américaine s’apprêtait à dîner à l’hôtel Hilton de Washington, un homme de trente et un ans, Cole Tomas Allen, a forcé un barrage de sécurité et ouvert le feu avec un fusil de chasse avant d’être maîtrisé. L’incident, qualifié de tentative d’assassinat contre Donald Trump – la cinquième depuis le début de sa carrière politique –, a aussitôt été absorbé dans le tourbillon des récits. Mais derrière le choc initial, une affaire révèle les fissures profondes du paysage politique américain.
Originaire de Californie, diplômé du prestigieux Caltech et décrit par ses proches comme un garçon discret, poli et apolitique, Allen tenait sur les réseaux sociaux un compte au pseudo « coldForce » où il critiquait régulièrement Trump et affichait son soutien à l’Ukraine, sans jamais laisser présager un passage à l’acte violent. Son incarcération à la prison de Washington a donné lieu à une requête surprenante : ses avocats demandent au juge de lever les mesures de prévention du suicide qui l’isolent vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans une cellule capitonnée, l’empêchant de téléphoner ou de recevoir des visites, hormis celles de son équipe juridique. Ils dénoncent des conditions « punitives » et inhumaines.
En Europe, l’affaire est lue comme un symptôme d’une violence « impolitique », selon l’analyse de la presse italienne, qui voit dans ces attentats oubliés une radicalisation sans véritable projet politique. En Allemagne, on souligne que l’administration Trump, après avoir longtemps nourri les théories du complot, voit aujourd’hui ces mêmes milieux se retourner contre elle. Tucker Carlson lui-même, figure majeure du trumpisme, a exprimé publiquement son repentir pour avoir « trompé » ses auditeurs. La presse espagnole, quant à elle, ironise sur la rhétorique providentielle qui entoure le président : l’idée que Dieu protège Trump parce qu’il est du « bon côté de l’histoire » n’est plus l’apanage des seuls évangéliques.
Dans les sociétés francophones, du Canada à l’Afrique, cette tentative rappelle combien les fractures américaines affectent aussi les perceptions mondiales du leadership et de la démocratie. L’enquête fédérale, dirigée par le FBI, devra déterminer si Allen agissait seul ou dans un cadre plus large. Mais au-delà du procès, c’est l’érosion de la confiance dans les institutions et la banalisation de la violence politique qui se profilent comme les véritables menaces pour la suite du mandat trumpien.
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