
Trafic aérien au Maroc : 8,9 millions de passagers en mars, une dynamique portée par l'international
Le secteur aérien marocain confirme son envolée. Avec 8 913 041 passagers enregistrés à fin mars 2026, soit une progression de 11,15 % sur un an, l’Office national des aéroports (ONDA) dresse le portrait d’une croissance soutenue, tirée avant tout par le trafic international. La plaque tournante du royaume, l’aéroport Mohammed V de Casablanca, concentre à elle seule plus de 30 % du flux total avec 2 730 209 voyageurs, affichant une hausse de 15,92 %. Cette performance, remarquable dans un contexte global encore marqué par les incertitudes géopolitiques et énergétiques, révèle la place croissante du Maroc comme hub aérien entre l’Europe, l’Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient.
Au-delà de la métropole casablancaise, la vitalité du trafic se diffuse sur l’ensemble du réseau. Les aéroports de Béni Mellal (+31,35 %), Errachidia (+20,81 %) ou encore Nador El Aroui (+13,83 %) enregistrent des bonds spectaculaires, tandis que Rabat-Salé (+13,51 %) et Tanger Ibn Batouta (+11,86 %) confirment leur attractivité. Du côté de Marrakech-Ménara (+11,68 %) et d’Agadir Al Massira (+10,76 %), la reprise touristique, alimentée par les vols low-cost en provenance d’Europe, reste le moteur principal. Cette déconcentration géographique traduit une stratégie nationale visant à désengorger Casablanca et à promouvoir des pôles régionaux, notamment dans le Rif et le Sud, où les flux migratoires et les investissements étrangers se croisent.
Du point de vue européen, la croissance marocaine s’inscrit dans un mouvement plus large de reconquête des parts de marché par les compagnies low-cost et les transporteurs traditionnels. La France, l’Espagne et la Belgique demeurent les premiers pourvoyeurs de visiteurs, tandis que les liaisons avec le Canada – via Montreal – et l’Afrique francophone (Sénégal, Côte d’Ivoire) gagnent en intensité, portées par une diaspora dynamique et une diplomatie économique active. Cette ouverture multiple profite également aux aéroports secondaires : Nador, par exemple, sert de point d’entrée majeur pour les Marocains résidant en Europe du Nord, tandis qu’Errachidia capte une partie du trafic vers les provinces sahariennes.
Dans une perspective plus large, cette hausse interroge la capacité d’accueil des infrastructures marocaines. Le royaume, qui vise 26 millions de touristes à l’horizon 2030 dans la perspective de la Coupe du monde de football, devra accélérer les travaux d’extension, notamment à Casablanca et Marrakech. Parallèlement, la concurrence avec les hubs tunisiens et égyptiens se renforce, mais le Maroc dispose d’un atout : une stabilité politique relative et une connectivité croissante avec l’Afrique subsaharienne, via des compagnies comme Royal Air Maroc. Si la tendance se poursuit, le royaume pourrait bien s’imposer comme la plaque tournante aérienne du Maghreb, à condition de conjuguer expansion et résilience face aux aléas climatiques et géopolitiques.
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