
Treize morts au Liban sud : la trêve fragile entre Israël et le Hezbollah vacille
Alors que la médiation américaine s’efforce de maintenir en vie l’accord de cessez-le-feu conclu le 17 avril dernier entre Israël et le Hezbollah, les frappes israéliennes ont fait treize morts vendredi dans le sud du Liban, selon le ministère libanais de la Santé. Huit des victimes, dont une enfant et deux femmes, ont péri dans le village de Habboush, où l’armée israélienne avait pourtant lancé un ordre d’évacuation quelques heures plus tôt. Quatre autres personnes ont été tuées à Zrariyeh, et une à Aïn Baal, près de Tyr. Une série d’incursions qui souligne la vulnérabilité d’un accord que chaque camp accuse l’autre de violer.
Dès le lendemain, le porte-parole de l’armée israélienne pour les médias arabes, Avichai Adraee, a étendu l’injonction d’évacuation à neuf localités du gouvernorat de Nabatieh, exigeant des habitants qu’ils s’éloignent d’au moins mille mètres vers des zones ouvertes. Les raids se sont concentrés, selon l’Agence nationale d’information libanaise, sur une douzaine de bourgs, touchant notamment des habitations et des infrastructures civiles. Dans les rues de Habboush, des nuages de fumée s’élevaient encore samedi au-dessus des décombres, tandis que les secours poursuivaient le décompte des blessés — vingt et une personnes, dont deux enfants.
Du côté israélien, la justification militaire ne s’est pas fait attendre : l’état-major affirme agir en riposte aux « violations répétées du Hezbollah », qui a lui-même revendiqué une attaque de drone contre deux soldats israéliens près de la frontière, à Margaliot. Cet échange de tirs, bien qu’encore limité, ravive le spectre d’une escalade plus large. Sur la scène diplomatique, les capitales européennes — Paris en tête, qui entretient des liens historiques avec Beyrouth — suivent la situation avec inquiétude, tandis que dans les cercles francophones africains et canadiens, l’attention se porte sur le sort des populations civiles prises entre deux feux.
La trêve, prolongée sous l’égide de Washington après des discussions directes entre les ambassadeurs libanais et israélien dans la capitale américaine, semble aujourd’hui n’être qu’un répit précaire. L’absence de mécanisme de contrôle robuste sur le terrain, couplée à la méfiance réciproque, transforme chaque incident en potentielle détonateur. Les analystes régionaux s’interrogent : la logique de dissuasion qui a prévalu ces derniers mois pourra-t-elle résister à une accumulation de frappes et de représailles ? Sans un engagement politique renouvelé — et sans une pression internationale capable de transformer l’armistice en cessez-le-feu durable — le sud du Liban risque de replonger dans un cycle de violence dont les populations paient déjà le prix le plus lourd.
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