
Le G7 d’Évian bascule de l’Iran vers l’Ukraine : Trump presse Moscou d’accepter un accord
Réunis en sommet sur les rives du Léman, les dirigeants occidentaux tentent d’arrimer l’élan diplomatique américain sur le dossier iranien à une stratégie de pression renforcée contre la Russie, non sans inquiétudes européennes sur un accord nucléaire trop superficiel avec Téhéran.
La 52e édition du sommet du G7, ouverte le 15 juin à Évian-les-Bains sous présidence française, s’est immédiatement trouvée prise dans un entrecroisement de crises qui en a bouleversé l’agenda minutieusement préparé. L’annonce, quelques heures avant l’arrivée des chefs d’État et de gouvernement, d’un accord-cadre entre Washington et Téhéran pour mettre fin à plus de trois mois d’hostilités dans le Golfe a offert à Donald Trump un succès diplomatique qu’il entend capitaliser. Dès le dîner inaugural, les discussions entre les Sept — États-Unis, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Canada, Japon, auxquels s’ajoutent les représentants de l’Union européenne — ont longuement porté sur cet accord préliminaire, mais aussi sur la guerre en Ukraine, désormais reléguée au second plan des priorités américaines depuis plusieurs semaines.
Si l’optimisme affiché par le président américain, qui a qualifié l’accord avec l’Iran de « succès considérable », a été salué par une déclaration conjointe des capitales du format E4 (Berlin, Paris, Londres et Rome), les diplomaties européennes n’en demeurent pas moins traversées par un scepticisme prudent. Selon des sources proches des discussions, les dirigeants du Vieux Continent entendent mettre en garde contre un accord « temporaire et superficiel » qui risquerait, loin de les contenir, de consolider les programmes nucléaire et balistique iraniens. La question de la réouverture rapide du détroit d’Ormuz, artère vitale pour les approvisionnements énergétiques mondiaux, cristallise les divergences : les réponses fluctuantes des responsables américains sur le calendrier et les modalités de déminage des voies maritimes ont alimenté les interrogations européennes, Paris et Londres se déclarant prêts à contribuer à une mission navale franco-britannique pour sécuriser le passage.
Mardi matin, le sommet a basculé sur le dossier ukrainien avec l’arrivée de Volodymyr Zelensky, invité par Emmanuel Macron à prolonger sa présence jusqu’à la clôture des travaux. Un entretien trilatéral entre les présidents américain, français et ukrainien — le premier face-à-face entre Trump et Zelensky depuis près de quatre mois — a marqué un tournant. À l’issue d’une session de travail de 75 minutes, les dirigeants du G7 sont convenus, selon une source diplomatique française, d’« accroître la pression sur la Russie » par de nouvelles sanctions ciblant les exportations de pétrole et de gaz, une fois le détroit d’Ormuz débloqué. Trump, qui s’était entretenu par téléphone avec Vladimir Poutine le 14 juin, a déclaré que la Russie « devrait conclure un accord », tout en reconnaissant les pertes humaines « terribles » subies par les deux camps.
La perspective d’une négociation directe reste néanmoins semée d’embûches. Zelensky a proposé une rencontre avec Poutine sur le sol américain, mais le Kremlin a fait savoir qu’aucune invitation officielle au G7 ne lui était parvenue, démentant implicitement les spéculations sur un éventuel élargissement du format. Les capitales européennes, de Berlin à Rome en passant par les pays nordiques, insistent sur la nécessité de ne pas imposer à Kiev une paix dictée par les conditions de Moscou, et mettent en avant une dynamique militaire désormais plus favorable aux forces ukrainiennes. La commissaire européenne Ursula von der Leyen a évoqué un « vent tournant » pour l’Ukraine, tandis que les analyses de la presse d’Europe orientale soulignent la détermination de Zelensky à obtenir des garanties de sécurité solides avant toute concession territoriale.
Ce G7 d’Évian illustre ainsi la reconfiguration des rapports de force transatlantiques sous l’impulsion d’un exécutif américain qui lie étroitement les dossiers moyen-oriental et européen. Si l’alignement affiché sur le soutien à la souveraineté ukrainienne a rassuré les alliés, la méfiance européenne à l’égard d’un accord iranien hâtivement ficelé et les menaces tarifaires américaines envers la France rappellent que l’unité du club des grandes démocraties industrialisées reste fragile. Les prochaines semaines, qui verront la signature formelle de l’accord avec Téhéran à Genève et l’envoi d’émissaires américains à Moscou, diront si ce sommet aura été le catalyseur d’une double désescalade ou le théâtre d’illusions diplomatiques passagères.
| Presse européenne continentale | −0.10 | neutral |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
| Presse latino-américaine | +0.20 | neutral |
Trump a déclaré que Poutine et Zelensky sont ouverts à un accord, mais Zelensky a souligné les refus antérieurs de Poutine et a proposé un sommet aux États-Unis pour rendre un nouveau refus plus difficile. L'optimisme de Trump est accueilli avec prudence, tandis que l'on rappelle les 25 000 pertes mensuelles parmi les soldats.
Zelensky a proposé de rencontrer Poutine aux États-Unis lors d'un appel avec Trump, affirmant qu'un lieu américain rendrait un refus plus difficile pour Poutine. Trump a fait état de conversations positives avec les deux dirigeants.
Trump a déclaré que peut-être quelque chose peut être fait pour la guerre en Ukraine, car Poutine et Zelensky sont ouverts au dialogue. Zelensky a proposé une rencontre aux États-Unis pour faciliter les négociations. La nouvelle est accueillie avec un optimisme prudent.
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