
Trump, l’IA et la propagande : du leurre des memes à l’investissement stratégique
Entre vidéos parodiques avec la présidente mexicaine et rencontre avec les géants de l’IA, Donald Trump déploie une double stratégie numérique à l’approche des élections.
Le président américain a diffusé sur son réseau Truth Social une vidéo générée par intelligence artificielle le montrant partageant des tacos avec la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum. Cette saynète, reprise par plusieurs médias mexicains, s’inscrit dans un montage qui le fait voyager de la Chine à l’Afrique en passant par l’Inde, sur fond de chanson proclamant qu’« on aime Donald Trump partout où il va ». La séquence, aussi grotesque que sophistiquée, illustre une nouvelle forme de communication politique.
Selon des analystes états-uniens, cette offensive de contenus viraux n’est pas anodine. Alors que la cote de popularité du président chute à l’approche des élections de mi-mandat, et que la guerre avec l’Iran et l’inflation minent son bilan, il s’agirait d’une tentative de « noyer l’environnement informationnel sous des images positives », selon les propos d’un expert de l’université George Washington rapportés par la presse américaine. Une stratégie de diversion qui mise sur l’impact émotionnel des deepfakes.
Pourtant, l’intelligence artificielle n’est pas seulement un outil de propagande pour Trump. Un journal économique ghanéen révèle qu’il doit rencontrer la semaine prochaine les dirigeants des plus grandes entreprises américaines du secteur – Google, Microsoft, OpenAI, SpaceX, Anthropic – afin de discuter d’une prise de participation financière de l’État. L’objectif serait de créer un « partenariat avec le public américain », une manière de verrouiller un avantage stratégique dans la course mondiale à l’IA.
Cette dualité interpelle. D’un côté, Trump utilise l’IA pour façonner un imaginaire flatteur et effacer les frontières du réel ; de l’autre, il prépare l’infrastructure d’une industrie cruciale. Au Mexique, la vidéo a surtout été lue comme un geste d’ironie maladroite envers une présidente avec qui les relations sont tendues. Mais au-delà de l’anecdote, c’est bien la question de la régulation de ces outils, et de leur usage politique à grande échelle, qui se pose – et qui concerne aussi l’Europe et l’espace francophone, où les deepfakes commencent à peine à être encadrés.
| Presse africaine subsaharienne | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | 0.00 | neutral |
| Presse latino-américaine | −0.40 | critical |
La presse africaine interprète la déferlante de mèmes générés par IA comme une manœuvre de diversion de Trump pour détourner l'attention des échecs de son gouvernement – guerre impopulaire avec l'Iran, inflation – à l'approche des élections de mi-mandat. Sa rencontre prévue avec les dirigeants de l'IA et l'idée d'un investissement public dans les entreprises du secteur sont perçues comme une nouvelle tentative d'instrumentaliser la technologie à des fins politiques.
Les médias d'Europe continentale rapportent avec détachement que Trump a publié une vidéo générée par IA où il affirme que tout le monde l'aime et où figure la présidente mexicaine Sheinbaum, sans commentaire explicite.
Les médias latino-américains tournent en ridicule la vidéo IA montrant Trump en train de manger des tacos avec la présidente Sheinbaum, en soulignant l'absurdité de l'affirmation 'au Mexique on m'aime'. Ils traitent le clip comme une fantaisie autoglorificatrice comiquement déconnectée du réel.
Élargis ton regard
Trump suspend les frappes contre l’Iran, en attendant un accord rapide
2 langues · 74 sources
Depuis Economy & MarketsAmazon franchit le seuil des 3 000 milliards de dollars de capitalisation, porté par le cloud et l’IA
3 langues · 11 sources
Depuis Science & HealthAlimentation et cerveau : deux études lient restriction temporelle et sucre précoce au risque de démence
4 langues · 10 sources