
Trump relève à 25 % les droits de douane sur les voitures européennes, ravivant la guerre commerciale
L’annonce a claqué sur le réseau Truth Social comme une déflagration ciblée. Le président américain, Donald Trump, a décrété que les automobiles et camions en provenance de l’Union européenne seraient frappés, dès la semaine prochaine, de droits de douane portés à 25 %. Motif invoqué : Bruxelles ne respecterait pas l’accord commercial conclu en grande pompe en juillet 2025, ce cadre dit de Turnberry qui plafonnait les prélèvements à 15 % sur la plupart des biens, dont l’automobile. Le dirigeant républicain a assorti sa mesure d’une carotte à peine voilée : les véhicules assemblés sur le sol américain échapperont à toute taxation, vantant au passage des investissements records dépassant les cent milliards de dollars dans de nouvelles usines.
L’offensive se lit autant comme un acte de rétorsion commerciale que comme un geste géopolitique. Les capitales européennes rappellent que l’accord de l’été dernier n’a toujours pas été ratifié par le Parlement de Strasbourg, un fait que l’administration Trump instrumentalise désormais pour justifier un brutal retour aux tarifs punitifs. Des analystes à Berlin, Paris et Rome voient surtout une riposte après l’escalade verbale avec le chancelier allemand Friedrich Merz sur la guerre en Iran, épisode qui avait poussé la Maison Blanche à menacer de retirer ses troupes d’Allemagne. Dans cette perspective, le secteur automobile, pilier de l’économie germanique mais aussi français et italien, devient un levier de pression politique, au détriment des règles multilatérales.
La réaction bruxelloise ne s’est pas fait attendre. La Commission européenne, par la voix de plusieurs responsables cités dans les médias du continent, fustige un partenaire « inaffidable » et promet une réplique « avec la plus grande clarté et fermeté ». Les Bourses européennes ont tremblé, tandis que les milieux industriels redoutent une contraction de leurs exportations vers un marché américain qui absorbe une part considérable des véhicules premium. La presse espagnole et portugaise souligne le paradoxe temporel : la mesure entre en vigueur le jour même de l’entrée en application de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, comme si Washington sanctionnait l’élargissement commercial de l’Europe vers l’Amérique latine.
Ailleurs dans le monde, la décision est scrutée avec inquiétude. En Asie, la presse indienne et chinoise y lit un retour à l’unilatéralisme trumpiste qui menace l’économie mondiale à un moment fragile, tandis qu’au Canada, au Québec notamment, on redoute un précédent susceptible d’affecter les chaînes d’approvisionnement intégrées de l’ALENA. Les analystes africains, quant à eux, s’alarment des répercussions indirectes : un ralentissement du moteur européen réduirait la demande en matières premières et risquerait d’aggraver les déséquilibres commerciaux, en plus de détourner les exportations chinoises vers leurs marchés.
Sur le plan juridique, l’initiative pourrait toutefois se heurter aux décisions récentes de la Cour suprême américaine, qui a invalidé les régimes tarifaires généraux de l’exécutif. Le recours présumé à l’article 232, fondé sur la sécurité nationale, laisse planer une bataille judiciaire longue et incertaine, tandis que le Congrès doit se prononcer en juillet sur l’extension du cadre légal des tarifs douaniers. L’Europe, de son côté, dispose d’un arsenal de contre-mesures, mais se sait exposée à un engrenage d’escalade où les industries des deux rives perdraient des parts de marché au profit de concurrents chinois ou indiens. Dans cette guerre commerciale relancée par tweet, le Vieux Continent découvre amèrement que la confiance entre alliés historiques est devenue une denrée périssable.
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