
Tupac et D4vd : deux affaires qui ébranlent Hollywood et la justice américaine
Trente ans après la mort de Tupac Shakur, un nouveau procès pour homicide involontaire intenté par sa famille à Los Angeles relance l’hypothèse d’un complot bien plus vaste que la simple vendetta de rue longtemps évoquée. La plainte, déposée par son demi-frère Maurice Shakur, vise Duane « Keefe D » Davis, seul inculpé à ce jour, mais aussi des co-conspirateurs non identifiés. Les avocats de la famille s’appuient sur des transcriptions de grand jury et un documentaire consacré à Sean « Diddy » Combs pour affirmer que le meurtre de la star du hip-hop, en 1996 à Las Vegas, résulterait d’une « conspiration complexe » impliquant des acteurs jusqu’ici dans l’ombre. Cette affaire, suivie avec attention en Europe et dans les diasporas africaines où Tupac demeure une icône, pourrait contraindre la justice californienne à élargir le champ des investigations au-delà de l’unique accusé, qui a plaidé non coupable.
Parallèlement, une autre affaire secoue l’industrie musicale américaine, celle du jeune chanteur D4vd, de son vrai nom David Anthony Burke, inculpé pour le meurtre et le démembrement à la tronçonneuse d’une adolescente de quatorze ans, Celeste Rivas Hernández. Les réquisitoires du bureau du procureur du comté de Los Angeles décrivent un crime prémédité : après des mois d’abus sexuels débutés alors que la victime avait treize ans, celle-ci aurait menacé de révéler la relation, poussant le musicien à la tuer pour « la faire taire » et préserver sa carrière naissante. Les éléments de preuve – messages textes, achats en ligne de chaînes, d’un brûleur et de sacs mortuaires – ont été rendus publics, tandis que le corps de la jeune fille, retrouvé dans un véhicule abandonné à Hollywood, portait des traces d’amputation destinées à effacer un tatouage compromettant.
Ces deux dossiers, bien que distincts, révèlent une même obsession médiatique et judiciaire pour les zones d’ombre du star-system. En France, au Canada francophone et en Belgique, où les communautés hip-hop sont très actives, la question de l’impunité des artistes face à la loi suscite un débat renouvelé. La décision du jeu vidéo Fortnite de rembourser les objets cosmétiques liés à D4vd, après les appels au boycott de joueurs choqués, illustre une pression populaire inédite, tandis que le procès Tupac pourrait, selon des analystes nord-américains, ouvrir la voie à une réévaluation des cold cases dans l’industrie du divertissement. L’issue de ces procédures, l’une historique, l’autre contemporaine, dessine les contours d’une justice qui tente de rattraper à la fois les fantômes du passé et les violences du présent.
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