
Un visiteur venu des confins de la Voie lactée et les étoiles filantes du printemps
La découverte la plus notable de ces derniers mois dans le ciel profond concerne la comète 3I/Atlas, le troisième objet interstellaire confirmé à traverser notre système solaire. Observée l’automne dernier grâce au radiotélescope ALMA, dans le désert d’Atacama au Chili, elle se serait formée dans une région isolée et glacée de la galaxie, bien avant l’apparition du Soleil. Les astronomes estiment son âge à onze milliards d’années, soit plus du double de celui de notre étoile. Cette errance cosmique, sans danger pour la Terre, offre une fenêtre unique sur les premiers instants de la Voie lactée, lorsque les étoiles et les systèmes planétaires n’étaient encore que des embryons de matière.
Tandis que les instruments chiliens scrutaient les origines lointaines de la comète 3I/Atlas, un autre spectacle céleste, bien plus familier, se déployait dans l’hémisphère nord. La pluie d’étoiles filantes des Lyrides, observable depuis la mi-avril jusqu’au 30 avril 2026, a atteint son pic dans la nuit du 21 au 22 avril. Produites par les débris laissés par la comète Thatcher (C/1861 G1), ces météores offrent un spectacle modeste mais régulier, avec une dizaine à une vingtaine de traînées lumineuses par heure. Pour les observateurs des Émirats arabes unis, les conditions ont été particulièrement favorables : un ciel désertique éloigné de la pollution lumineuse et une interférence lunaire minimale. Du Canada à la Belgique, en passant par la France, les passionnés d’astronomie ont également pu profiter de ce rendez-vous annuel, renouant avec une tradition vieille de plus de 2 500 ans : les Lyrides sont en effet l’une des plus anciennes pluies d’étoiles filantes jamais consignées par les civilisations humaines.
Au-delà de la beauté éphémère des météores, ces deux phénomènes rappellent la continuité de la matière dans l’univers. Les Lyrides proviennent d’une comète périodique qui croise notre orbite tous les 415 ans, tandis que 3I/Atlas ne fait que passer, sans retour possible. Cette différence fondamentale n’empêche pas une même interrogation : d’où viennent ces corps glacés ? L’analyse de l’objet interstellaire, confiée à une équipe de l’université du Michigan, laisse entrevoir des réponses sur la composition chimique de la galaxie primitive. Dans les semaines à venir, les astronomes tourneront leur regard vers une autre pluie d’étoiles, les Êta Aquarides, issues de la célèbre comète de Halley. Chaque visiteur, qu’il vienne d’un autre système solaire ou d’un simple débris cométaire, apporte son lot de fragments d’histoire cosmique — et peut-être, celui de notre propre origine.
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