
À Gaza, la famine délibérément imposée par Israël tue mères et enfants, alerte MSF
Près de 5 000 enfants hospitalisés, des taux de mortalité infantile en hausse : Médecins sans frontières dénonce une 'crise de malnutrition artificielle' à Gaza.
Près de cinq mille enfants de moins de quinze ans ont été hospitalisés pour malnutrition aiguë à Gaza entre janvier 2024 et mars 2026, selon un rapport de Médecins sans frontières rendu public cette semaine. L'organisation internationale y dénonce une « crise de malnutrition artificielle » provoquée par le blocus et les restrictions israéliennes sur l'aide humanitaire. Avant le déclenchement de la guerre en octobre 2023, la malnutrition était pratiquement inexistante dans l'enclave ; aujourd'hui, 98 % des jeunes patients admis ont moins de cinq ans, signe que les plus vulnérables paient le prix le plus lourd.
Les conséquences sont particulièrement dévastatrices pour les femmes enceintes et les nouveau-nés. Dans quatre structures médicales soutenues par MSF, les équipes ont enregistré des taux de prématurité et de mortalité infantile nettement supérieurs à la normale, ainsi qu'une augmentation des fausses couches. « Nous ne mangeons pas et je n'ai pas de lait pour mon enfant », témoigne une mère, citée dans le rapport. La presse italienne, qui a largement relayé ces données, souligne que les conditions d'hygiène se dégradent encore avec l'arrivée de rongeurs et de parasites, transformant les hôpitaux en foyers d'infection – vingt tonnes de pesticides auraient été introduites, sans parvenir à enrayer la prolifération.
Les experts palestiniens consultés par la presse arabe ne mâchent pas leurs mots. Pour le docteur Ayman al-Raqqab, politologue à l'université de Jérusalem, la situation humanitaire a atteint un niveau de dégradation inédit. Il appelle à une intensification immédiate de l'aide et dénonce « une violation flagrante du droit international humanitaire » par les autorités israéliennes. Les habitants de Gaza, plongés dans une pénurie chronique de nourriture, d'eau, de médicaments et de carburant, réclament un soutien durable qui ne soit pas entravé par des restrictions arbitraires.
En Europe, les révélations de MSF ont ravivé les critiques contre la politique israélienne. Plusieurs gouvernements, dont ceux de la Belgique et du Canada, ont exprimé leur préoccupation, tandis que des organisations humanitaires francophones appellent à une enquête indépendante. Mais sur le terrain, l'infirmier Rami Atta, coordinateur des soins pour MSF à Gaza, résume l'impuissance générale : « Nous ne voyons pas la fin de ce cauchemar ». Il témoigne d'un double fardeau, à la fois soignant et victime du même conflit.
Au-delà de l'urgence immédiate, la communauté internationale doit se préparer à une catastrophe sanitaire de long terme. Les séquelles de la malnutrition sur le développement cognitif et physique des enfants sont irréversibles. Sans un cessez-le-feu durable et la levée totale du blocus, le système de santé gazoui, déjà exsangue, ne pourra se relever. Le rapport de MSF n'est pas seulement un constat accablant ; c'est un ultimatum adressé aux acteurs internationaux pour qu'ils cessent de tolérer ce que l'organisation qualifie de « malnutrition fabriquée de toutes pièces ».
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