
À l’approche de la rentrée, l’Iran et la Russie réinventent leur école
Visite ministérielle dans une classe rurale du Zanjan, records d’inscriptions dans les collèges techniques russes : les deux pays affichent des ambitions de transformation pédagogique.
C’est dans une école rurale de la province de Zanjan, dans le nord-ouest de l’Iran, que le ministre de l’Éducation, Alireza Kazemi, a choisi de se rendre. Les murs sont défraîchis, les équipements sommaires. Pourtant, à l’intérieur, quelque chose a changé : la disposition des pupitres, la manière d’enseigner. « La qualité de l’éducation ne dépend pas seulement des bâtiments et du matériel », a-t-il confié, selon les propos rapportés par l’agence Isna. Une leçon de choses qui, à quelques semaines de la rentrée, résonne bien au-delà de cette classe.
Le système éducatif iranien est en pleine effervescence. En deux vagues de recrutement, 180 000 nouveaux enseignants ont rejoint les rangs, a annoncé le ministre. L’an dernier, 2 400 écoles – soit 11 000 classes – ont ouvert leurs portes, et 2 300 autres sont prévues cette année. Le budget de rénovation est passé de 18,5 à 28,5 milliards de tomans. Un « atlas de l’espace éducatif » permet désormais de cartographier avec précision les besoins, des écoles en containers aux projets inachevés. Dans les zones nomades, des internats et des lycées professionnels se développent, tandis que 50 000 classes doivent être équipées de technologies modernes – les 5 000 premiers écrans sont déjà en douane.
À des milliers de kilomètres de là, la Russie s’apprête elle aussi à une rentrée sous le signe du renouveau. Le 1er septembre, 17,8 millions d’élèves prendront le chemin de l’école, dont 1,5 million de tout-petits franchiront pour la première fois le seuil d’une classe, selon le ministère de l’Éducation. Dix-sept établissements flambant neufs et 746 écoles rénovées les attendent. Dans les cantines, 76 milliards de roubles sont budgétés pour les repas chauds des écoliers du primaire.
Mais c’est dans l’enseignement supérieur et professionnel que la transformation est la plus spectaculaire. Le ministre de l’Enseignement, Sergueï Kravtsov, a fait état d’un record de près de 3 millions de candidatures dans les collèges techniques, soit 500 000 de plus que l’an passé. Parallèlement, neuf des dix-sept universités pilotes du nouveau modèle éducatif – qui remplace le système bachelor-master par des cycles de base et de spécialisation – ont déjà intégralement repensé leurs programmes. Cette année, 42 400 étudiants seront admis sur budget dans ces établissements, où 581 nouveaux cursus sont proposés. Depuis 2023, plus de 33 500 jeunes ont déjà rejoint ce dispositif, qui doit s’étendre à l’ensemble du pays d’ici 2030.
Dans la classe de Zanjan comme dans les amphithéâtres russes, une même conviction semble s’imposer : la réforme ne se décrète pas seulement dans les textes, elle se joue aussi dans la réorganisation d’un espace, l’agencement d’un pupitre, le regard d’un enseignant. Alors que les premiers écrans plats arrivent aux postes de douane iraniens et que les écoliers russes découvrent des salles de physique flambant neuves, la rentrée 2026 s’annonce comme le théâtre d’une pédagogie en mouvement.
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