
À Manille, la Quad réaffirme son engagement pour un Indo-Pacifique libre et ouvert sur fond de tensions en mer de Chine méridionale
Les ministres des Affaires étrangères de la Quad ont renouvelé leur soutien à l’unité de l’ASEAN, tandis que Manille et Pékin échangeaient de vives protestations après un incident naval.
En marge des réunions de l’ASEAN à Manille, les chefs de la diplomatie de l’Australie, de l’Inde, du Japon et des États-Unis ont réitéré leur attachement à un Indo-Pacifique « libre et ouvert », fondé sur l’État de droit et l’intégrité territoriale. Selon un communiqué conjoint, les quatre puissances se sont dites « unies dans leur conviction que la paix et la stabilité dans le domaine maritime de l’Indo-Pacifique sous-tendent la sécurité et la prospérité de la région ». Elles ont exprimé leur soutien à la centralité de l’ASEAN et à la mise en œuvre des perspectives de l’organisation pour l’Indo-Pacifique, tout en abordant la situation en mer de Chine orientale et en mer de Chine méridionale, où Tokyo s’est opposé à toute modification unilatérale du statu quo par la force.
Cette démonstration de convergence intervient alors que les tensions entre la Chine et les Philippines se sont aggravées après un affrontement près du banc d’Ayungin. La secrétaire philippine aux Affaires étrangères, Maria Theresa Lazaro, a indiqué avoir formulé une « protestation ferme » auprès de son homologue chinois Wang Yi contre des « actions inacceptables » visant des personnels philippins. De son côté, la diplomatie chinoise a dénoncé « l’acte flagrant » d’un navire philippin qui aurait percuté un patrouilleur chinois, et accusé des membres des forces de l’ordre philippines de « provocations délibérées » obéissant à des « forces extérieures ». M. Wang a prévenu que les relations bilatérales se trouvaient « à la croisée des chemins » et que Manille devait faire un choix « correct et rationnel ».
New Delhi, qui revendique une politique d’autonomie stratégique, a mené une diplomatie à plusieurs niveaux. Le ministre indien S. Jaishankar s’est entretenu séparément avec Wang Yi, plaidant pour un accès équitable aux marchés, un rééquilibrage commercial et la fiabilité des chaînes d’approvisionnement, tout en rappelant que la paix à la frontière reste un préalable à la normalisation. Il a salué les récentes avancées bilatérales – reprise des vols directs, pèlerinage de Kailash, commerce frontalier – et remercié Pékin pour son soutien à la présidence indienne des BRICS, dont le sommet est prévu en septembre.
Parallèlement, M. Wang a réaffirmé devant les onze ministres de l’ASEAN la volonté de Pékin d’approfondir la coopération régionale, soulignant que le commerce bilatéral avait dépassé 1 000 milliards de dollars en 2025 et que la Chine avait lancé un visa ASEAN pour faciliter les échanges. La présidence philippine de l’ASEAN a mis en avant la lutte contre la criminalité transnationale et l’intégration économique numérique. Aucune date n’a été annoncée pour le prochain sommet des dirigeants de la Quad, qui pourrait se tenir en marge du G20 aux États-Unis en décembre, tandis que les ministres des Affaires étrangères devraient se retrouver à Atlanta en octobre.
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