
À Cannes, Pedro Almodóvar allie critique de Trump et solidarité palestinienne
Le cinéaste espagnol présente son nouveau film à Cannes tout en dénonçant les politiques de Trump et Netanyahu, dans un contexte de boycott culturel européen d'Israël.
Le Festival de Cannes a été le théâtre d'une prise de position politique rare, lorsque Pedro Almodóvar a, lors de la conférence de presse pour son 24e long-métrage «Natal Amargo» (Bitter Christmas), fustigé les figures de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou, qu'il a qualifiées de «monstres». Arborant une épingle «Free Palestine» sur le tapis rouge, le réalisateur espagnol a appelé l'Europe à ne jamais se soumettre à Trump, dans un contexte de censure croissante aux États-Unis et en France, illustré par la controverse autour de la chaîne Canal+ qui menace de blacklister 600 artistes signataires d'une lettre ouverte contre son actionnaire Vincent Bolloré.
Cette intervention s'inscrit dans un mouvement plus large de boycott culturel européen vis-à-vis d'Israël. L'Espagne, sous l'impulsion de Pedro Sánchez – seul chef d'État de l'OCDE à avoir qualifié de génocide la guerre à Gaza –, a rejoint l'Irlande, la Slovénie, l'Islande et les Pays-Bas pour se retirer du concours Eurovision, en protestation contre la participation israélienne. Cet acte de désolidarisation, relayé par la société civile, traduit une indignation grandissante sur le Vieux Continent face à la politique de Netanyahou, que la diplomatie européenne peine à endiguer.
«Natal Amargo», qui marque le retour d'Almodóvar à la langue castillane après son film anglophone «La Chambre d'à côté», explore ses propres affres créatives et son narcissisme. Loin d'un simple exercice d'autofiction, cette œuvre – qualifiée par la critique de «tronquée» mais poignante – interroge les limites de la création dans un monde où l'engagement politique semble indissociable de l'art. Le réalisateur, figure tutélaire du cinéma européen, y apparaît plus que jamais comme un miroir des tensions entre liberté d'expression et censure, entre responsabilité morale et esthétique.
Cette convergence entre geste artistique et protestation politique pourrait annoncer une radicalisation des milieux culturels en Europe, où les appels au boycott d'Israël se multiplient, ainsi que les critiques envers le virage autoritaire américain. L'écho donné par la scène cannoise à ces positions, porté par des personnalités comme Juliette Binoche ou Arthur Harari, suggère que l'engagement n'est plus l'apanage des seuls cinéastes militants, mais devient une norme dans un paysage médiatique fragmenté. Reste à savoir si cette vague de contestation saura infléchir les politiques étrangères des États européens, tiraillés entre leurs principes et leurs alliances transatlantiques.
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.20 | neutral |
| Presse iranienne et apparentée | −0.50 | critical |
Arab Levant-Maghreb media highlight Almodóvar's condemnation of Netanyahu as a 'monster' alongside Trump and Putin. They emphasize his call for artists to act as a shield against these leaders, framing it as a moral imperative. The coverage gives prominence to the criticism of Israel.
Continental European press report Almodóvar's statements within the context of his career and new film. They give space to both his political stance and personal reflections, with a measured tone. The emphasis is on the moral duty of artists, but without a strong editorial stance.
Iranian media highlight Almodóvar's attack on Trump and his defense of free speech against censorship. The coverage emphasizes European resistance to American pressure and presents the director as a model of courage. The focus is on threats to creative freedom.
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