
Argentine : l’aveu choc d’Adorni sur ses avoirs non déclarés relance le débat sur l’évasion fiscale
Le chef de cabinet argentin, Manuel Adorni, a reconnu avoir dissimulé plus de 500 000 dollars dans ses déclarations de patrimoine, provoquant une onde de choc politique. Dans un entretien télévisé, il a justifié ces omissions par une pratique qu’il dit courante dans le pays : « Nous avons épargné au noir, comme la plupart des Argentins qui ont eu la chance de le faire. » Cette déclaration intervient alors que lui et son épouse ont adhéré au Régime simplifié de l’impôt sur le revenu, un dispositif issu de la loi dite d’« innocence fiscale » que le gouvernement Milei a présentée comme un outil de régularisation. L’opposition, toutes tendances confondues, a dénoncé une « moquerie » envers la société et réclamé l’exclusion des fonctionnaires de ce régime.
L’affaire prend une dimension internationale dans un contexte où l’Argentine cherche à rétablir sa crédibilité financière. En Europe, des observateurs soulignent le paradoxe d’un gouvernement qui prône l’orthodoxie budgétaire tout en tolérant des pratiques d’évasion fiscale au sein de son propre appareil. Des médias francophones canadiens et belges relèvent que le cas Adorni illustre les difficultés structurelles de l’Argentine à instaurer une culture de transparence, malgré les engagements pris auprès du FMI. La révélation que le chef de cabinet a investi 200 000 dollars en bitcoins entre 2013 et 2018, réalisant un gain de 300 000 dollars, ajoute une couche de complexité à un système fiscal déjà fragile.
Sur le plan politique, la crise fragilise la coalition au pouvoir. Alors que le président Milei a défendu son collaborateur en dénonçant une « opération de salissage », plusieurs figures de l’opposition, comme le député Esteban Paulón, n’hésitent pas à qualifier Adorni et son épouse de « délinquants ». La demande d’exclusion des fonctionnaires du régime d’innocence fiscale, portée par des élus de diverses provinces, pourrait trouver un écho au-delà des clivages partisans. Parallèlement, d’autres membres du gouvernement, dont le ministre Federico Sturzenegger, ont également adhéré au même dispositif, alimentant les soupçons d’un système à deux vitesses.
L’avenir immédiat de Manuel Adorni dépendra de l’enquête judiciaire pour enrichissement illicite ouverte à son encontre. S’il a promis de payer « jusqu’au dernier impôt et la dernière amende », la crédibilité de l’exécutif est en jeu. À l’étranger, cette affaire renforce l’image d’une Argentine où l’évasion fiscale reste un sport national, même au sommet de l’État. Le gouvernement devra rapidement trancher entre une ligne dure contre la fraude et la tentation de protéger ses cadres, sous peine de voir sa réputation internationale s’éroder davantage.
Élargis ton regard
Arabie saoudite, Turquie et Pakistan signent un pacte de défense collective
10 langues · 39 sources
Depuis Economy & MarketsProvisionnement en hausse : les banques émergentes entre expansion du crédit et dégradation des actifs
2 langues · 6 sources
Depuis TechnologyMoscou encadre les SMS d'authentification des SIM d'enfants, sans interdire les réseaux sociaux
1 langue · 13 sources