
Au Mexique, le fiasco de l’examen en ligne de l’UNAM oblige des dizaines de milliers d’étudiants à repasser l’épreuve
Après des résultats anormalement élevés au concours virtuel, la plus grande université du Mexique organise un examen de contrôle présentiel pour 58 000 candidats, reportant la rentrée au 31 août.
Lundi, dans le sud de Mexico, des centaines d’aspirants à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM) ont bloqué les principales avenues pour dénoncer l’obligation de repasser un examen d’admission qu’ils pensaient avoir réussi. Leur colère visait une décision inédite dans l’histoire moderne de l’institution : la convocation à une épreuve de contrôle, en présentiel, après la détection d’irrégularités massives lors du tout premier concours dématérialisé.
Quelques semaines plus tôt, près de 160 000 candidats avaient planché depuis leur domicile, surveillés par un logiciel d’intelligence artificielle analysant reconnaissance faciale, voix et mouvements via webcam. Mais les résultats ont révélé une envolée statistique sans précédent. Alors qu’entre 2021 et 2025, seuls 3,5 % des participants dépassaient les 100 bonnes réponses sur 120, ils ont été 16 % cette année. La proportion de ceux atteignant 110 points a sextuplé, passant de 0,9 % à 5,5 %. Face à ces anomalies, le recteur Leonardo Lomelí a reconnu des « erreurs » et annoncé qu’un examen de contrôle serait imposé non seulement aux admis, mais aussi à tous les aspirants dont le score égale ou dépasse le minimum historique d’entrée dans leur filière entre 2021 et 2026. Au total, 58 000 jeunes sont concernés, pour seulement 22 000 places finales.
L’UNAM, plus grande université d’Amérique latine, est un symbole de mobilité sociale au Mexique. Chaque année, la course aux 21 962 places disponibles tourne à l’épreuve de vérité pour des dizaines de milliers de familles. L’examen, autrefois présentiel et centralisé à Mexico, obligeait les candidats de province à parcourir des centaines de kilomètres. Le passage au distanciel devait démocratiser l’accès ; il a surtout ouvert la voie à des soupçons de tricherie massive, alimentés par la vente de questions en ligne et la circulation de conseils de fraude pendant les épreuves. L’université a d’ailleurs déposé une plainte pénale contre les individus ou entreprises soupçonnés d’avoir proposé des services frauduleux aux familles.
La décision a provoqué une onde de choc. Des centaines d’étudiants, se disant lésés, ont manifesté ; certains ont déposé des recours en justice (amparos) pour contester l’annulation de leur résultat. Le recteur a présenté des excuses tout en maintenant la nécessité de « garantir la certitude et l’équité ». La présidente Claudia Sheinbaum a évoqué une possible enquête du parquet. D’ici la rentrée, repoussée au 31 août, les aspirants consultent fébrilement le site de l’université pour savoir si leur note, comparée aux minima historiques publiés le 5 août, les enverra à León, Oaxaca, Tijuana ou Mexico, où l’examen de contrôle se déroulera du 12 au 19 août, sous l’œil cette fois bien réel des surveillants.
Élargis ton regard
Washington évoque un accord imminent sur le détroit d’Ormuz, Téhéran dément toute négociation directe
6 langues · 52 sources
Depuis Economy & MarketsLa guerre au Proche-Orient propulse les bénéfices des majors pétrolières à des sommets
2 langues · 21 sources
Depuis TechnologyAprès presque dix ans d'attente, le Boeing 737 MAX 7 obtient sa certification
3 langues · 18 sources