
Maradona : les photos de son corps sans vie ébranlent le procès de l’équipe médicale
La justice argentine vit un moment de vérité. Au deuxième procès pour la mort de Diego Maradona, les clichés du corps inanimé de l’icône du football, allongé sur son lit avec un abdomen gonflé « comme un ballon de baudruche », ont suffoqué l’audience et le pays. Le médecin urgentiste Juan Carlos Pinto, premier intervenant le 25 novembre 2020, a décrit devant les juges de San Isidro un patient obèse présentant une ascite et des œdèmes généralisés, signes d’une défaillance cardiaque et pulmonaire terminale. Ces révélations, reprises par la presse helvétique et les grands médias latino-américains, relancent l’indignation autour des conditions de l’internement à domicile de l’ancien numéro 10, quelques semaines après une opération du cerveau.
Dans ce climat de choc, le neurochirurgien Leopoldo Luque, principal accusé parmi les sept poursuivis pour « homicide avec dol éventuel », a livré une quatrième déclaration, cette fois pour répondre directement aux accusations de Giannina Maradona, la fille du champion. Luque a répété qu’il n’était « pas le médecin traitant » du « Dix », tout en affirmant comprendre la douleur de Giannina, même si celle-ci éprouve « de la haine » à son égard. Mais les procureurs Patricio Ferrari et son équipe balayent cette défense : pour eux, les preuves audio et les témoignages démontrent que Luque était bien le coordonnateur des soins, et sa tentative de se distancier du patient revient à « vouloir cacher le soleil avec un doigt », selon la fille de l’idole.
Le regard porté par l’Europe francophone sur ce procès n’est pas neutre. En Belgique, au Canada comme en Afrique, où Maradona reste une légende, l’affaire soulève des interrogations plus larges sur la responsabilité médicale dans les suivis post-opératoires de personnalités vulnérables. À Buenos Aires, plusieurs experts – policiers, médecins légistes, urgentistes – ont confirmé que le corps de Maradona était « œdématié », ce qui corrobore la thèse d’une négligence chronique. Le verdict, attendu dans les semaines à venir, pourrait créer un précédent juridique en Amérique latine sur l’obligation de résultat des équipes soignantes, au-delà du seul cas sportif. Alors que les larmes de Giannina résonnent dans le prétoire, l’Argentine et le monde du football retiennent leur souffle : la mort de l’icône n’est pas seulement une tragédie personnelle, elle est devenue le miroir des failles d’un système de santé qui a abandonné l’un de ses plus grands enfants.
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