
Gaza et Tel-Aviv s'affrontent autour du geste de Lamine Yamal
Le jeune joueur du Barça a brandi le drapeau palestinien lors des célébrations du titre, déclenchant une fresque à Gaza et une accusation d'incitation en Israël.
Sur un immeuble en ruines du camp de réfugiés de Shati, à Gaza, une fresque représente désormais Lamine Yamal, souriant, le drapeau palestinien à la main. Cette icône improvisée, documentée par l’AFP, fait écho à un geste bien réel : quelques jours plus tôt, le jeune prodige barcelonais agitait ce même étendard depuis le bus à impériale du FC Barcelone, sous les yeux de 750 000 supporters. À Tel-Aviv, pourtant, l’image a provoqué une tout autre réaction. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a accusé le footballeur de dix-huit ans d'« incitation à la haine contre Israël » et exigé que le club catalan se désolidarise de son joueur.
L’incident s’est produit lors du défilé du titre de champion d’Espagne, le 12 mai. Dans une séquence filmée, on voit Yamal attraper un drapeau palestinien tendu par un fan et le brandir ostensiblement. Son entraîneur, Hansi Flick, n’a pas caché son malaise en conférence de presse : « Je n’aime généralement pas ce genre de choses », a-t-il déclaré, tout en précisant avoir échangé avec le joueur et respecter son choix personnel. En Espagne, la presse conservatrice s’est déchaînée, tandis que des voix arabes saluaient un geste humanitaire. Le club, lui, reste silencieux, pris entre la pression israélienne et l’image d’une identité catalane historiquement solidaire de la cause palestinienne.
Au Proche-Orient, le geste a pris une dimension symbolique immédiate. Les Palestiniens de Gaza, où la guerre a fait des dizaines de milliers de morts depuis octobre 2023, ont vu en Yamal un porte-voix. « C’est un geste pour l’humanité », commente un habitant du camp de Shati. En retour, l’accusation israélienne a réactivé le débat sur la politisation du sport. Pour la droite israélienne, tout soutien à la cause palestinienne, même passif, équivaut à cautionner les atrocités du 7 octobre. La controverse dépasse donc le simple fait divers : elle révèle l’impossible neutralité des icônes sportives dans un conflit aussi polarisé.
Reste à savoir comment le Barça et la Liga géreront ce précédent. Yamal, mineur au moment des faits, jouit d’une immense popularité ; son geste pourrait inspirer d’autres athlètes. Mais les appels à la censure se multiplient en Israël et au sein de certaines fédérations. Si le football européen a longtemps tenté de maintenir le politique à l’écart des terrains, l’érosion de cette règle s’accélère. Lamine Yamal, sans le chercher, est devenu le symbole involontaire d’une génération qui refuse de séparer le sport de ses convictions.
| Presse européenne continentale | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | +0.20 | neutral |
| Presse iranienne et apparentée | +0.70 | aligned |
| Presse latino-américaine | −0.10 | neutral |
La presse européenne continentale rapporte la réaction de l'entraîneur du Barça, Hansi Flick, qui s'est dit mécontent du geste de Lamine Yamal agitant un drapeau palestinien lors de la parade du titre. Flick précise avoir parlé au joueur, qualifiant ce choix de personnel mais réaffirmant ne pas apprécier le mélange sport-politique. Le ton est mesuré, entre fait divers et réflexion sur l'image du club.
Les médias du Golfe arabe mettent en avant le geste de Lamine Yamal comme un acte de solidarité avec la Palestine, soulignant la viralité des images. La réaction critique de Flick est rapportée, mais l'accent reste sur la portée politique et le soutien populaire suscité. Le ton est d'une approbation prudente, avec une pointe d'indignation face aux critiques visant le jeune joueur.
Les médias iraniens célèbrent le geste de Lamine Yamal comme un acte courageux de soutien à la cause palestinienne, tout en dénonçant les attaques des médias israéliens contre le jeune footballeur. Le récit est fortement partisan, avec des tons d'indignation face aux critiques et un sentiment de victimisation palestinienne. L'épisode est inscrit dans un cadre de résistance et de solidarité internationale.
La presse latino-américaine rapporte l'affaire avec un ton mitigé : d'un côté elle décrit le geste de Yamal comme un acte de soutien à la Palestine, de l'autre elle souligne la réaction critique de Flick. Le débat enflammé sur les réseaux sociaux est mentionné, mais sans prendre position clairement. L'accent est mis davantage sur la dynamique interne du club que sur les implications politiques mondiales.
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