
Bayern et PSG trébuchent en championnat avant leur duel européen décisif
À trois jours du choc au Parc des Princes, les deux finalistes annoncés de la Ligue des champions ont livré des copies paradoxales. Le Bayern Munich, déjà sacré en Bundesliga, a arraché un 3-3 in extremis face à Heidenheim, lanterne rouge, après avoir été mené 2-0. De son côté, le Paris Saint-Germain, pourtant leader incontesté de Ligue 1, n’a pu faire mieux qu’un 2-2 contre Lorient au Parc des Princes, concédant l’égalisation à la 78e minute. Ces deux résultats, en apparence anodins, révèlent les fragilités d’équipes dont l’esprit était déjà tourné vers le demi-finale retour de mercredi.
La presse allemande, de la Süddeutsche Zeitung à la Frankfurter Allgemeine, insiste sur la double lecture de la prestation munichoise. Vincent Kompany avait procédé à sept changements par rapport au match aller perdu 4-5 à Paris, offrant une « B-Elf » qui a peiné face à un adversaire jouant son maintien. Le technicien belge a justifié sa rotation par la nécessité de préserver les titulaires pour le choc européen, mais les observateurs outre-Rhin pointent un risque de coupure dans la dynamique collective. Le gardien Neuer, absent, et l’attaquant Kane, ménagé, n’ont pas été les seuls à manquer : l’équipe a paru désorganisée jusqu’à ce que Leon Goretzka n’égalise, puis que Michael Olise, d’une frappe lointaine dans la 100e minute, n’évite une défaite humiliante.
Côté français, l’hebdomadaire An-Nahar, lu dans tout le monde arabe, souligne que Paris a lui aussi souffert de l’absence de cadres – Mbappé et Messi notamment – et a manqué de concentration sur les deux buts encaissés. Mais Luis Enrique, l’entraîneur espagnol, s’est montré plus préoccupé par l’état d’esprit de ses joueurs, jugeant « difficile de maintenir la motivation » après un nul qui n’entame pas leur avance au classement. Le Bild, quotidien populaire allemand, relève que les deux équipes ont cédé à la tentation de gérer leur énergie, un calcul risqué à l’approche d’un match où chaque détail comptera.
La perspective francophone, au-delà de l’Hexagone, intègre les résonances africaines et belges : les clubs de Ligue 1 et de Bundesliga comptent de nombreux internationaux africains (comme le Sénégalais Ibrahima Mbaye pour Paris) et la Belgique suit avec attention les choix de Kompany. Au Canada, où le football gagne en audience, le feuilleton Bayern-PSG ravive le souvenir des confrontations épiques de 2020 et 2021.
Pour mercredi, les analystes européens prévoient un scénario ouvert. Le Bayern devra rattraper un but de retard, tandis que Paris cherchera à confirmer sa supériorité offensive. Mais ces deux « générales » ratées suggèrent que la fatigue mentale et les rotations pourraient peser lourd dans les ultimes décisions tactiques. Le vainqueur de ce duel, au-delà d’une place en finale, offrira une leçon sur la gestion des priorités entre championnat et Coupe d’Europe.
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