
Face à la fronde de l’UEFA, Infantino consolide ses appuis en Afrique et en Amérique latine
La Confédération africaine, la fédération argentine et la fédération mexicaine ont publiquement réaffirmé leur soutien au président de la FIFA, fragilisé par l’abandon d’un projet de société commerciale et la menace de boycott des compétitions brandie par l’instance européenne.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a reçu en l’espace de quelques heures le soutien appuyé de trois poids lourds du football mondial, alors que la fronde menée par l’Union des associations européennes de football (UEFA) menace son leadership. La Confédération africaine de football (CAF), l’Association du football argentin (AFA) et la Fédération mexicaine de football (FMF) ont chacune publié un communiqué officiel pour saluer la gestion du dirigeant italo-suisse et appeler à la poursuite de son mandat, en dépit de la crise de confiance ouverte par le projet avorté de création d’une filiale commerciale, FIFA Forward Enterprise.
L’initiative, qui prévoyait de céder une part des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés, a provoqué un tollé au sein de la « famille du football ». Présentée fin juillet, elle a été retirée quelques jours plus tard après le rejet catégorique de plusieurs confédérations, au premier rang desquelles l’UEFA, la Concacaf et la Confédération asiatique. La FIFA a reconnu des « erreurs » et présenté des excuses aux 211 fédérations membres, un geste salué par les soutiens d’Infantino. L’AFA a ainsi « reconnu la décision de l’Administration de retirer un projet qui a généré, au sein de la famille du football et depuis son origine, bien plus d’incertitudes que de certitudes », tout en soulignant la « transformation profonde » opérée par Infantino en une décennie de gouvernance.
La CAF, qui représente 54 fédérations, a « réaffirmé à l’unanimité son soutien » au président de la FIFA, selon un communiqué publié à l’issue d’une réunion de son comité exécutif. Son président, Patrice Motsepe, a insisté sur le caractère « non négociable » du respect de la gouvernance et de la transparence, tout en remerciant Infantino pour son « soutien constant au football africain ». Ce bloc constitue un allié de poids, l’Afrique ayant été l’un des principaux bénéficiaires des programmes de développement de la FIFA. De son côté, la FMF, dirigée par Mikel Arriola, a déclaré qu’elle « ne reconnaîtra ni n’approuvera aucun processus convoqué en dehors de cette institutionnalité », se rangeant derrière l’appel à l’unité lancé par Infantino le 5 août.
Ces marques de confiance contrastent avec la position de l’UEFA, qui a annoncé maintenir son boycott des compétitions de la FIFA tant que des garanties ne seront pas apportées pour empêcher toute nouvelle tentative de « défigurer le football ». L’instance européenne, qui estime avoir « perdu confiance dans la présidence de Gianni Infantino », peut compter sur le soutien de plusieurs fédérations nationales, dont celles de Finlande, de Serbie ou du Danemark, qui ont déjà fait savoir qu’elles ne soutiendraient pas le dirigeant sortant lors du prochain congrès électif.
Ce congrès, prévu le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc, déterminera le président de la FIFA pour un mandat courant jusqu’en 2031. En 2019 et 2023, Infantino avait été reconduit sans vote, faute d’adversaire. La mobilisation actuelle de ses soutiens, de Buenos Aires à Mexico en passant par Le Caire, dessine les contours d’un scrutin qui s’annonce cette fois disputé, alors que le nom de Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain, est évoqué comme possible candidat d’opposition.
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