
Bayern Munich, une dynamique de conquête : les hommes à Berlin, les femmes en route vers le triplé
C’est un week-end qui restera dans les annales du football allemand : le FC Bayern Munich a confirmé sa mainmise sur le pays en décrochant un double titre symbolique. Tandis que l’équipe masculine, après six années de disette, a validé son billet pour la finale de la DFB-Pokal en s’imposant 2-0 à Leverkusen, les joueuses bavaroises ont, elles, conquis leur quatrième championnat consécutif — un record en soi — en venant à bout du 1. FC Union Berlin 3-2 dans un match âprement disputé. Ce doublé, conjugué à la troisième place de Bundesliga déjà acquise par les hommes, place Munich au centre de la scène européenne, avec une ambition qui dépasse les frontières allemandes.
Ce succès des femmes revêt une dimension particulière grâce au retour de la milieu internationale Giulia Gwinn, qui, après une luxation de l’épaule, a inscrit le but décisif à la 84e minute, sur une passe de Klara Bühl, elle aussi de retour de blessure. Outre-Rhin, la presse salue une « résilience collective » et une profondeur de banc qui permettent à l’entraîneur Alexander Straus de viser un triplé national, avec la Coupe et la Ligue des champions en ligne de mire. Leur prochain défi ? Un duel face au FC Barcelone en demi-finale de la Ligue des champions, où les Catalanes viennent tout juste de célébrer leur onzième titre de championne d’Espagne — le septième consécutif — portées par la jeune Suissesse Sydney Schertenleib.
Sur le plan masculin, l’entraîneur Vincent Kompany a opéré sept changements dans son onze de départ pour le choc contre Leverkusen, épargnant des cadres en vue de la rencontre de Ligue des champions contre le Paris Saint-Germain. Harry Kane a ouvert le score dès la 22e minute, avant que Luiz Díaz ne scelle la victoire dans le temps additionnel. Une performance qui tranche avec la timidité tactique affichée par l’équipe de Kasper Hjulmand, selon les observateurs. Mais le parcours munichois ne doit pas éclipser les autres récits du sport allemand : le VfB Suhl, petit club de Thuringe, a créé la sensation en devenant champion d’Allemagne de volley-ball féminin pour la première fois de son histoire, réalisant même le doublé Coupe-championnat après avoir dominé Dresde en finale. Un exploit qui rappelle que, dans une saison dominée par les géants, la vitalité des outsiders reste un moteur essentiel du paysage sportif.
Ces succès posent une question stratégique pour le football allemand : la suprématie munichoise, si éclatante soit-elle, ne risque-t-elle pas d’étouffer la concurrence ? Tandis que le club bavarois s’achemine vers un possible triplé historique (Bundesliga, Pokal, Ligue des champions), les autres formations, de Leverkusen à Berlin, peinent à rivaliser sur la durée. À l’échelle européenne, cette hégémonie interroge aussi la capacité des ligues domestiques à maintenir un équilibre compétitif. La réponse viendra peut-être de la Ligue des champions, où les confrontations entre Bayern, PSG et Barça offriront un révélateur précieux de la véritable puissance du modèle munichois.
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