
Bolivie : le Parlement facilite le recours à l’état d’exception au cœur d’une crise multiforme
Face à des semaines de blocages et de manifestations exigeant sa démission, le président Rodrigo Paz dispose désormais de pouvoirs accrus pour engager l’armée et suspendre les libertés.
Le Parlement bolivien a levé, mardi soir au cours d’une session virtuelle, l’un des derniers remparts encadrant le recours à l’état d’exception. Avec plus des deux tiers des voix, les députés ont abrogé la loi 1341, en vigueur depuis 2020, qui limitait la capacité de l’exécutif à déployer les forces armées lors de troubles internes, sauf si la police se trouvait « dépassée ». Cette décision, déjà entérinée par le Sénat, a été promulguée en quelques heures par le président Rodrigo Paz, lui offrant un levier juridique pour réprimer toute une série de protestations qui, depuis le début de mai, paralysent le pays par des barrages routiers, des grèves des transports et des pénuries de carburant.
Le contexte de cette manœuvre autoritaire est celui d’une crise économique aiguë, héritée d’années de faible croissance et d’un plan d’austérité aux effets sociaux dévastateurs. Des syndicats miniers, des organisations paysannes et des comités de quartier, souvent proches des secteurs indigènes, réclament le départ du chef de l’État, accusé d’imposer une thérapie de choc libérale. Dans les rues de La Paz, les chauffeurs ont lancé une grève illimitée, tandis que la compagnie pétrolière publique peine à approvisionner les stations-service. Un manifestant de 24 ans a déjà perdu la vie. C’est justement l’ex-président Evo Morales, poursuivi par la justice mais toujours influent, que le gouvernement pointe du doigt : Rodrigo Paz l’a qualifié d’« malade abruti par le pouvoir » et l’accuse de fomenter, depuis l’étranger, un renversement visant à installer un « État-narco », selon une analyse relayée en Argentine.
Les observateurs latino-américains interprètent cette escalade à l’aune des jeux d’influence régionaux. Au Brésil, la presse économique souligne que la révocation de cette loi facilite une militarisation du conflit, au risque d’un enlisement autoritaire. En Argentine, d’anciens responsables de la sécurité comme Miguel Ángel Toma estiment que les cartels de la drogue tirent les ficelles d’une contestation qui, sous couvert de revendications indigènes, n’aurait d’autre but que de rétablir une architecture de corruption héritée des mandats d’Evo Morales et de Luis Arce. La presse européenne francophone relève avec inquiétude la vitesse à laquelle le garde-fou constitutionnel a été démantelé – une semaine à peine après son passage en commission –, ce qui évoque pour certains un scénario de cooptation des institutions à la manière centre-américaine.
L’avenir immédiat dépendra de la réaction des forces sociales et de la disposition de l’armée à intervenir. Le vice-président Edmand Lara, ancien policier jouissant d’une réelle popularité, pourrait se positionner en successeur constitutionnel si la pression de la rue devenait insoutenable. Pour l’heure, le gouvernement dispose d’une fenêtre de 72 heures après toute demande d’état d’exception au Congrès pour obtenir un feu vert qui ne fait guère de doute, la majorité parlementaire ayant montré sa docilité. Le spectre d’une intervention armée de grande ampleur plane désormais sur le pays, tandis que les capitales occidentales, discrètes jusqu’ici, pourraient être contraintes de sortir de leur réserve.
| Presse européenne continentale | −0.80 | critical |
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| Presse latino-américaine | +0.40 | aligned |
| Presse latino-américaine | −0.90 | critical |
Le parlement bolivien a supprimé les garde-fous sur l'état d'urgence, laissant le président Rodrigo Paz libre de mobiliser l'armée et de restreindre les libertés publiques. Ce tour de vis autoritaire aggrave la crise alors que des manifestations massives réclament sa démission. La communauté internationale suit avec inquiétude ce durcissement répressif.
Le gouvernement bolivien a abrogé une loi limitant l'état d'urgence, une mesure nécessaire pour contrer la tentative de coup d'État orchestrée par Evo Morales et les narcotrafiquants. Les blocages routiers et les manifestations visent à renverser le président Paz et à instaurer un 'narco-État'. Les forces armées sont désormais habilitées à rétablir l'ordre et à défendre la démocratie.
Le Congrès bolivien a ouvert la voie à la répression militaire en supprimant les garde-fous de l'état d'urgence, alors que les protestations populaires contre les politiques néolibérales de Paz s'intensifient. Un manifestant a déjà été tué, et le président insulte Evo Morales en le traitant de 'malade abruti par le pouvoir'. Cette escalade autoritaire criminalise la dissidence sociale et ouvre la porte à une violente chasse aux mouvements indigènes et syndicaux.
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