
Chip de la beauté : la justice brésilienne condamne un médecin pour infarction rénal
Un tribunal de São Paulo reconnaît la responsabilité d’un médecin après qu’un implant hormonal a provoqué une thrombose chez une patiente à rein unique.
Le 2 août 2025, la 2e chambre civile du Tribunal de justice de São Paulo a rendu une décision qui pourrait faire jurisprudence : elle a condamné le médecin Bruno Santiago Jacob et sa clinique DBJ Saúde da Mulher pour avoir implanté un « chip da beleza » – un cocktail de gestrinone, testostérone, estradiol, estriol et metformine – à une patiente de 53 ans porteuse d’un seul rein. L’implant a provoqué un infarctus rénal, une hospitalisation de six jours et un risque vital. Le juge Tom Alexandre Brandão a retenu la faute médicale pour imprudence et négligence.
Ce cas emblématique met en lumière un phénomène qui gagne l’Amérique latine : la vente massive d’implants hormonaux non régulés présentés comme des élixirs de jeunesse, de libido et de performance sportive. Au Brésil, le marché pèse des millions de reais, alimenté par un réseau où des médecins prescrivent, forment d’autres confrères et orientent vers des pharmacies de manipulation, créant un conflit d’intérêts que le Conseil fédéral de médecine dénonce sans parvenir à l’enrayer. En Argentine, le journal Clarín relate une offensive similaire : des « health coachs » et influenceurs vantent les pellets de testostérone pour traiter fatigue, baisse de libido ou prise de poids, symptômes banals souvent attribués à une hypogonadisme supposé.
Il n’y a là aucun consensus médical : les sociétés savantes rappellent que ces implants n’ont pas de preuve scientifique pour des fins esthétiques et qu’ils exposent à des risques cardiovasculaires et hépatiques graves. Dans ce contexte, un autre jugement brésilien, celui de la 20e chambre civile du Minas Gerais, a condamné une clinique vétérinaire de Belo Horizonte pour avoir diagnostiqué une leucémie féline sans examens complémentaires, imposant un traitement inutile à une chatte. Si le préjudice est d’une autre nature, la logique d’un diagnostic hâtif commercialement motivé est la même.
À l’opposé de ces dérives, une synthèse de l’université Anglia Ruskin au Royaume-Uni, publiée dans Hamshahri Online, confirme que la supplémentation en collagène améliore élasticité cutanée et douleurs arthrosiques, mais à condition d’une utilisation régulière et prolongée. Loin des promesses miracles, la science rappelle que tout supplément hormonal ou protéique doit reposer sur une indication précise et un suivi rigoureux. La décision de São Paulo ouvre la voie à une responsabilisation accrue des praticiens, mais elle souligne surtout l’urgence d’un encadrement réglementaire dans un marché où la frontière entre médecine et commerce s’efface dangereusement.
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