
Onze villes américaines réclament à la FIFA le million de dollars promis pour l’héritage du Mondial 2026
Des comités organisateurs affirment que l’instance dirigeante du football s’était engagée verbalement à verser cette somme pour des projets sociaux, mais aucun paiement n’a été effectué.
La Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique du 11 juin au 19 juillet, s’est achevée sur la victoire de l’Espagne. Mais pour onze villes américaines ayant accueilli des matchs, l’après-tournoi est marqué par une controverse financière : elles réclament à la FIFA le versement d’un million de dollars par ville, une somme promise selon elles pour financer des projets d’héritage social et sportif.
L’origine de cette promesse remonte au Mondial des clubs 2025, également disputé aux États-Unis. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, avait alors annoncé publiquement que chaque ville hôte recevrait un million de dollars destiné à la construction de mini-terrains de football et à des initiatives communautaires. Les villes sélectionnées pour le Mondial 2026, dont la mobilisation s’est étalée sur 39 jours et a impliqué une logistique bien plus lourde, ont alors sollicité un engagement similaire. Selon quatre cadres dirigeants des comités organisateurs américains, qui se sont confiés anonymement au média The Athletic, de hauts responsables de la FIFA leur ont assuré à plusieurs reprises, lors de réunions, qu’elles bénéficieraient du même versement. Aucune annonce publique n’est toutefois venue officialiser cet engagement.
Près d’un mois après la fin du tournoi, les fonds n’ont toujours pas été débloqués. Plusieurs villes ont demandé des éclaircissements à la FIFA, qui a refusé de commenter. Cette situation place certains comités dans l’embarras : alors que plusieurs entités sont en train de clore leurs opérations, elles ignorent si elles doivent inscrire ce million de dollars dans leurs comptes. Deux responsables ont exprimé leur incompréhension, soulignant que la FIFA a engrangé plus de 15 milliards de dollars de revenus sur le cycle 2023-2026, pour un budget opérationnel du Mondial estimé à 2,7 milliards.
L’écart entre les sommes en jeu et les investissements publics consentis par les villes hôtes alimente les tensions. À Kansas City, par exemple, près de 86,8 millions de dollars de fonds publics ont été mobilisés pour l’organisation, auxquels s’ajoutent des avantages fiscaux accordés à la FIFA. Les autorités locales avaient défendu ces dépenses en mettant en avant un impact économique estimé à 30,5 milliards de dollars pour l’ensemble des États-Unis. Dans ce contexte, le non-versement d’une contribution relativement modeste – 11 millions de dollars au total – est perçu comme un manquement par les comités.
En attendant une éventuelle régularisation, les villes restent dans l’expectative, certaines devant finaliser leurs rapports financiers sans certitude sur cette créance. Cette controverse intervient alors que Gianni Infantino fait face à des tensions croissantes avec l’UEFA et d’autres instances, après l’échec d’un projet de cession d’une part des compétitions de la FIFA à des investisseurs privés.
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