
Colombie : le candidat de la droite radicale Abelardo de la Espriella revendique la victoire, la gauche conteste le scrutin préliminaire
Avec moins d'un point d'écart, l'avocat soutenu par Donald Trump devance le sénateur Iván Cepeda, qui annonce des recours juridiques, tandis que le président sortant Gustavo Petro refuse de reconnaître le résultat avant l'escrutinio officiel.
Selon le preconteo de la Registraduría Nacional, avec 99,99 % des bureaux dépouillés, Abelardo de la Espriella obtient 49,66 % des suffrages contre 48,70 % pour Iván Cepeda, soit un écart d'environ 250 000 voix. Le candidat de la droite radicale s'est proclamé vainqueur depuis Barranquilla, tandis que le camp de Cepeda a annoncé qu'il contesterait les résultats de 33 000 bureaux de vote lors de l'escrutinio, la vérification officielle menée par des juges et notaires. Le président sortant Gustavo Petro a refusé de reconnaître le preconteo, dénonçant des irrégularités et appelant à attendre le décompte légal.
Du côté de Washington, le président Donald Trump a salué une « grande victoire » et le secrétaire d'État Marco Rubio a félicité celui qu'il qualifie déjà de « président élu », évoquant une coopération future sur la sécurité régionale et la lutte contre l'immigration illégale. Dans les capitales latino-américaines, les dirigeants de droite – Javier Milei en Argentine, José Antonio Kast au Chili, Daniel Noboa en Équateur – ont célébré un succès qui, selon eux, confirme le recul de la gauche sur le continent. À l'inverse, la gauche colombienne, par la voix de Cepeda, dénonce une « ingérence étrangère » et une campagne marquée par l'achat de votes et la manipulation numérique, tout en se disant prête à un dialogue national si le résultat est confirmé.
Ce scrutin met fin à la première présidence de gauche de l'histoire colombienne et s'inscrit dans une série de basculements à droite en Amérique du Sud – après l'Argentine, le Chili, la Bolivie et, probablement, le Pérou. Selon des analystes européens, la victoire de De la Espriella doit moins à une adhésion idéologique qu'à un rejet massif du bilan de Gustavo Petro, marqué par une dégradation sécuritaire, une crise du système de santé et des tensions institutionnelles. Le nouveau président, avocat sans expérience politique, a construit sa campagne sur la promesse d'une « main de fer » contre les groupes armés et le narcotrafic, l'instauration de méga-prisons inspirées du modèle salvadorien, et une réduction drastique de l'État.
La proclamation officielle dépend désormais de l'escrutinio, qui a débuté dès dimanche soir. Historiquement, l'écart entre le preconteo et le décompte final n'a jamais dépassé 0,1 point de pourcentage lors d'une présidentielle, mais la campagne Cepeda espère réduire la différence en obtenant des corrections dans les départements caribéens et à Antioquia. La Registraduría a appelé au calme, tandis que des manifestations ont éclaté à Bogotá et Cali, où des drapeaux américains ont été brûlés. L'investiture du vainqueur est prévue le 7 août 2026.
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Le second tour est présenté comme un choc de styles et d'alliances internationales. Le soutien de Milei à De la Espriella et les accusations d'achat de votes dominent le récit, tandis que les deux candidats offrent des visions opposées sur les programmes sociaux et la sécurité. La couverture souligne les implications régionales et le poids des figures étrangères.
Le scrutin est présenté avant tout comme un référendum sur la sécurité. Le candidat de droite promet une offensive militaire contre les groupes armés et le narcotrafic, tandis que le candidat de gauche veut poursuivre les négociations de paix. Le compte rendu souligne le long conflit interne et le choix radical qui attend le pays.
La campagne est dépeinte comme exceptionnellement âpre et polarisée, les candidats d'extrême droite et de gauche se livrant à une rhétorique féroce. L'accent est mis sur les profondes divisions de la société colombienne et sur l'enjeu élevé du scrutin, plutôt que sur les différences programmatiques détaillées.
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