
Congrès de la FIFA à Vancouver : l’Iran au cœur des tensions entre sport et géopolitique
Le 76e Congrès de la FIFA, qui s’est ouvert jeudi à Vancouver, a été éclipsé par un incident diplomatique retentissant : trois hauts responsables du football iranien, dont le président de la Fédération, Mehdi Taj, se sont vu refuser l’entrée au Canada dès leur arrivée à l’aéroport de Toronto. Si Ottawa a officiellement invoqué les liens de ces dirigeants avec le Corps des Gardiens de la révolution islamique – classé organisation terroriste par le Canada depuis 2024 –, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a évoqué une révocation « non intentionnelle » des autorisations de séjour. L’agence iranienne Tasnim, proche des Gardiens, a dénoncé un « affront » et une « insulte » aux forces armées iraniennes, forçant la délégation à rebrousser chemin vers la Turquie. Au-delà de l’incident, cette affaire révèle la fragilité des passerelles entre le football mondial et les réalités géopolitiques les plus brûlantes.
À Vancouver, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a tenté de conjurer la tourmente en réaffirmant que la sélection iranienne participera bel et bien à la Coupe du monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, et jouera ses trois matches de groupe sur le sol américain – à Inglewood et Seattle. Cette déclaration met fin aux spéculations, notamment italiennes, sur un éventuel repêchage de la Squadra Azzurra, mais n’efface pas les interrogations logistiques et sécuritaires que soulève la présence d’une équipe issue d’un pays en conflit avec Washington. Du côté européen, l’UEFA a exprimé ses craintes quant aux coûts et à la complexité d’un Mondial à 48 équipes étalé sur trois fuseaux horaires, tandis que les fédérations africaines, réunies autour de la CAF, ont apporté un soutien sans faille à Infantino pour un nouveau mandat, signalant leur poids politique dans l’instance suprême.
L’incident de Toronto, loin d’être isolé, s’inscrit dans une escalade de mesures restrictives : le Canada venait de durcir sa politique d’admission des anciens membres des Gardiens, et la police de Vancouver a refusé à Infantino lui-même une escorte officielle, réservée aux chefs d’État. Ce télescopage entre normes juridiques nationales et universalisme sportif annonce des tensions récurrentes à l’approche du tournoi. L’été prochain, chaque match de l’Iran sera autant une compétition sportive qu’un test diplomatique, dans un contexte où le football – censé unir, selon Infantino – se heurte aux fractures d’un monde que rien ne semble pouvoir réconcilier.
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