
Dans les rues de Macondo, l’illusion d’un village centenaire
En visitant le décor monumental construit pour l’adaptation de « Cent ans de solitude », le visiteur oublie qu’il foule un plateau de tournage et se laisse happer par la magie du réalisme magique.
Face au châtaignier planté au cœur de la maison des Buendía, le visiteur se surprend à murmurer : « C’est donc là qu’Úrsula attacha José Arcadio pour veiller sur sa folie ? » L’espace d’un instant, la frontière entre le réel et la fiction s’efface. Ce n’est plus un décor de cinéma que l’on parcourt, mais le village mythique imaginé par Gabriel García Márquez, avec son fil de sang qui court encore jusqu’à la cuisine aux casseroles de cuivre et l’atelier de Melquíades, comme si l’on venait d’y polir les petits poissons dorés.
Ce Macondo de 56 hectares, érigé en neuf mois et sans cesse remodelé depuis trois ans, constitue la plus vaste production jamais réalisée pour une série en Amérique latine. Quelque 1 200 personnes y travaillent, dont 500 pour la seule équipe artistique. Soixante tailleurs ont confectionné 70 000 pièces de costume, tandis qu’une brigade de jardiniers a planté à la main plus de 20 000 végétaux – jusqu’à l’herbe qui borde les rues, irriguée avec soin pour résister à la sécheresse. Les noms des voies rendent hommage à l’entourage de l’écrivain : rue Mercedes, pour son épouse ; rue Sara Emilia, en mémoire de la cousine qui servit d’entremetteuse ; rue Margot, inspirée par la fille naturelle du grand-père, qui mangeait la chaux des murs et préfigura le personnage de Rebeca.
L’adaptation du roman, dont la première partie de huit épisodes a été mise en ligne le 11 décembre 2024, a rencontré un succès mondial immédiat, rapporte l’agence ANSA. La seconde et ultime salve de sept épisodes est attendue sur Netflix à partir du 5 août. Si l’engouement est planétaire, la production colombienne a dû négocier en permanence avec l’héritage littéraire. Catherine Rodríguez, responsable des costumes, confie que les descriptions minutieuses de García Márquez sont souvent ambiguës : « Il faut négocier constamment entre ce que le livre suggère, ce que les réalisateurs imaginent et ce que le corps réel d’une actrice permet de porter. »
Pour le public, l’immersion est totale. Le carnaval de Macondo, par exemple, puise dans celui de Barranquilla, mais ses masques évoquent aussi les figures d’éléphant des Bamiléké au Cameroun – un détail ethnographique qui relie le Caribe colombien à ses racines africaines. Ainsi, en parcourant ces rues où chaque façade est un jeu de références croisées entre l’œuvre, la vie de l’auteur et la production, le visiteur devient un figurant involontaire de ce métavers du réalisme magique. Il ne reste plus qu’à se laisser porter jusqu’à la gare, là où, en 1928, la troupe tira sur les ouvriers bananiers, et à contempler le décor silencieux qui, bientôt, s’animera de nouveau sous l’œil des caméras.
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Je marche sur le plateau et le roman prend vie. Netflix a construit Macondo avec tant de soin que je me sens dans l'imaginaire de García Márquez. C'est l'adaptation que nous attendions.
En utilisant un récit personnel et sensoriel de la visite du plateau, l'article rend la recréation authentique et émotionnellement résonnante, évitant toute analyse critique.
Le récit omet toute mention du sous-texte politique du roman ou des débats sur la fidélité de l'adaptation.
La série est placée sur le calendrier d'août, une entrée parmi tant d'autres. Son héritage littéraire ne la distingue pas des autres nouveautés.
En la listant sans commentaire à côté de titres non liés, l'article l'assimile à tout autre produit de streaming, effaçant sa singularité culturelle.
La liste omet toute référence à la signification mondiale du roman ou à l'anticipation entourant son adaptation.
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