
Dopage autorisé, performance décevante : le paradoxe des Enhanced Games de Las Vegas
La première édition des Enhanced Games, compétition où le dopage était permis, n’a produit qu’un seul record du monde, révélant les limites d’une surenchère chimique sous le regard critique des médias européens et nord-américains.
La promesse était aussi radicale que sulfureuse : offrir une arène où le dopage, non seulement toléré mais encouragé, permettrait de pulvériser les records humains. Pourtant, à l’issue de l’unique journée de compétition des Enhanced Games, organisée dimanche dernier dans un parking aménagé de Las Vegas, un seul record du monde est tombé. Le nageur Kristian Gkolomeev a été le seul à inscrire son nom au tableau, laissant les observateurs partagés entre scepticisme et ironie face à cette grand-messe de la pharmacologie sportive qui n’a pas tenu ses promesses spectaculaires.
Outre-Atlantique, les médias nord-américains ont mis l’accent sur l’architecture financière et les trajectoires individuelles. Ainsi, The Atlantic a décrit des athlètes semblables à des « figurines agrandies de 25 % », soulignant les 300 millions de dollars de capital-risque injectés dans ce projet soutenu par des investisseurs comme Peter Thiel. NBC News, pour sa part, a raconté l’histoire de Shania Collins, ex-sprinteuse dont la carrière stagnait et qui, malgré des parents agents de la DEA, a accepté une offre à six chiffres pour renouer avec la compétition. Ce récit illustre la logique d’un marché où le corps dopé devient un actif spéculatif pour des sportifs en quête de renaissance économique.
Du côté européen, la presse ibérique a livré un compte rendu caustique. El País a évoqué une « nuit de délire hypertrophique dans un parking », ironisant sur une mise en scène grandiloquente où le groupe rock The Killers est venu clore la soirée sans qu’aucune veine n’éclate, comme pour mieux tourner en dérision les avertissements médicaux. Ce regard critique traduit une inquiétude plus large : celle de voir la compétition sportive se muer en un divertissement cynique qui banalise les risques sanitaires du dopage au nom de l’audience et du profit.
Une perspective canadienne francophone, incarnée par le chercheur Jean-François Naud, directeur du laboratoire de contrôle du dopage de l’INRS au Québec, a apporté une nuance scientifique. Interrogé par Radio-Canada, il s’est dit peu surpris par cette moisson famélique de records, rappelant que l’abolition des règles antidopage ne suffit pas à faire advenir des performances surhumaines, tant la physiologie impose ses propres plafonds. Cette observation tempère l’utopie techno-médicale qui sous-tendait l’événement.
Au-delà de l’échec sportif, cette première édition cristallise les tensions contemporaines autour du corps augmenté. L’épisode révèle un clivage entre une fascination libertarienne pour le dépassement sans entraves, portée par une partie de la Silicon Valley, et une méfiance persistante du public européen et des experts scientifiques face à la marchandisation du dopage. Alors que des capitaux privés continuent d’affluer vers des compétitions alternatives, le débat sur les limites éthiques de l’augmentation humaine ne fait que commencer, et il promet de s’inviter durablement à la table des instances sportives internationales.
| Presse israélienne | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | −0.50 | critical |
| Presse européenne continentale | −0.90 | critical |
Les Jeux améliorés ont frôlé le fiasco, car la cascade de records du monde promise ne s'est pas concrétisée jusqu'au tout dernier moment. Une seule haltérophile a sauvé la journée avec un record, mais les rodomontades des organisateurs sur de multiples records sont restées vaines. Le spectacle à Las Vegas a été marqué par l'antichimax et de longues attentes.
Les Jeux améliorés ont été lancés avec des capitaux-risqueurs et la promesse que les produits dopants rendraient les athlètes riches et pulvériseraient les records, mais un seul record du monde a été battu. Les athlètes semblaient artificiellement gonflés, comme des figurines retouchées sous Photoshop, ce qui jette un doute sur l'ensemble de l'entreprise. Le spectacle mêlait la bravade des start-up à un show athlétique grotesque et peu performant.
Les Jeux améliorés ont transformé un parking de Las Vegas en un délire hypertrophique, un spectacle qui ridiculisait la vraie compétition et banalisait les risques sanitaires du dopage. Un seul record du monde a été réalisé, grâce à un maillot de bain interdit, tandis que le reste de la soirée n'était qu'une parade grotesque de corps artificiellement gonflés. La nuit s'est achevée avec The Killers et aucun mort, mais la banalisation des produits dopants a laissé un goût amer.
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