
Emmanuel Moulin, un technocrate au service de l'Élysée, prend les rênes de la Banque de France malgré un Parlement divisé
Nommé gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin a obtenu l'aval du Sénat après un avis défavorable de l'Assemblée nationale, suscitant des craintes d'ingérence politique à l'approche de la présidentielle.
Emmanuel Moulin, fidèle parmi les fidèles d'Emmanuel Macron, a été confirmé mercredi à la tête de la Banque de France, mais son chemin vers la prestigieuse institution n'a pas été dénué d'obstacles. L'Assemblée nationale, où l'opposition est majoritaire, a émis un avis défavorable, un camouflet politique qui n'a toutefois pas suffi à bloquer sa nomination : grâce au vote favorable du Sénat, le veto parlementaire prévu par la loi n'a pas été activé. Moulin prendra ses fonctions début juin, succédant à François Villeroy de Galhau, parti plus tôt que prévu.
Ce haut fonctionnaire de 57 ans incarne une certaine continuité de l'État, ayant servi sous des présidents de droite comme de gauche, de Rocard à Sarkozy, avant de devenir le secrétaire général de l'Élysée sous Macron. Son parcours de technocrate rompu à la gestion de crises — il fut notamment directeur de cabinet du Premier ministre Gabriel Attal et haut responsable au ministère de l'Économie — lui confère une légitimité technique, mais nourrit aussi les soupçons sur son indépendance réelle vis-à-vis du pouvoir exécutif.
La presse brésilienne, attentive aux équilibres politiques français, souligne que cette nomination intervient à moins d'un an de l'élection présidentielle d'avril 2027, où le Rassemblement national pourrait l'emporter. Pour les observateurs brésiliens, Moulin est perçu comme un atout que Macron souhaite placer pour verrouiller l'institution monétaire bien après son départ. En Italie, l'accent est mis sur le caractère inédit de la procédure : jamais un avis négatif de l'Assemblée n'avait été contourné par le Sénat, un précédent qui interroge sur la robustesse des garde-fous démocratiques.
Moulin s'est engagé devant les parlementaires à gérer la Banque de France sans ingérence extérieure, promettant de respecter son indépendance statutaire. Mais son profil, indissociable du macronisme, le place sous haute surveillance. Il lui faudra convaincre, au sein d'une Europe où les banques centrales sont scrutées pour leur autonomie, qu'il n'est pas un simple relais de l'Élysée. Les premiers dossiers — inflation, dette publique, régulation bancaire — seront autant de tests de sa capacité à incarner une autorité monétaire impartiale, au-delà des allégeances politiques.
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | −0.10 | neutral |
La nomination d'Emmanuel Moulin, proche d'Emmanuel Macron, au poste de gouverneur de la Banque de France a divisé le Parlement. Malgré un vote majoritaire défavorable dans les commissions des finances, le seuil requis des trois cinquièmes n'a pas été atteint, permettant ainsi sa nomination. L'opposition le juge trop politique et craint une atteinte à l'indépendance de l'institution.
L'allié de Macron, Emmanuel Moulin, a obtenu l'approbation parlementaire pour diriger la Banque de France. Malgré les critiques de l'opposition qui y voit une tentative de conserver une influence après la présidence, Moulin a promis de gérer l'autorité monétaire sans ingérence extérieure. Sa réputation de vétéran de la gestion de crise a joué en sa faveur.
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