
En Italie, une oncologue affirme que les crèmes solaires augmentent le mélanome, la science la dément
La diffusion virale d’une vidéo minimisant les dangers du soleil et l’utilité des protections solaires a suscité un tollé parmi les spécialistes, qui rappellent les preuves scientifiques établies.
Un mois après sa première publication, une vidéo de la Dre Debora Rasio, oncologue et chercheuse, continue de provoquer une controverse en Italie et au-delà. Dans cette séquence, elle défend la thèse selon laquelle le soleil ne serait pas la cause du mélanome et que les crèmes solaires pourraient même en augmenter le risque. Pour étayer son propos, elle a cité une étude menée sur les données de la UK Biobank, portant sur 470 000 personnes, et recommandé de privilégier des protections physiques (chapeaux, vêtements) plutôt que les écrans chimiques.
L’indignation des spécialistes n’a pas tardé. Paolo Ascierto, oncologue de renom et président de la Fondation Melanoma, a rappelé que les rayons ultraviolets pénètrent les cellules cutanées et causent des mutations génétiques, accumulation qui est la cause première des cancers de la peau. Il a en outre souligné que les coups de soleil doublent le risque de développer un mélanome au cours de la vie, et que les filtres solaires à large spectre restent le bouclier principal. Plusieurs médecins ont annoncé vouloir signaler la Dre Rasio à l’Ordre des médecins pour messages jugés trompeurs et dangereux.
Dans une seconde vidéo, la Dre Rasio a balayé les critiques en affirmant que les explications des scientifiques n’étaient que des « hypothèses » pour justifier un paradoxe. Un site de fact-checking italien a pourtant relevé que ces explications – en particulier le fait que les utilisateurs de crème solaire s’exposent plus longtemps et ne renouvellent pas l’application – figuraient bien dans l’étude originale, aux pages 7 et 8. Loin d’être des opinions externes, elles constituent les conclusions officielles de la recherche, qui recommande non pas d’éviter la crème, mais de l’utiliser correctement.
La seconde vidéo introduit par ailleurs un lien entre crème solaire, grossesse et autisme, s’appuyant sur deux études récentes (The Lancet Psychiatry, 2025, et Scientific Reports, 2024). La première a montré une légère hausse du risque de schizophrénie, de TDAH ou d’autisme chez les nouveau-nés carencés en vitamine D ; la seconde a observé des associations entre bas niveaux de vitamine D et caractéristiques autistiques. Or, ni l’une ni l’autre ne mentionnent la crème solaire, et leurs auteurs insistent sur le caractère préliminaire de leurs résultats, appelant à des essais cliniques pour établir d’éventuels liens de causalité. Le raisonnement en chaîne de la Dre Rasio – la crème réduit la vitamine D, donc elle causerait l’autisme – est donc non étayé.
| Presse européenne continentale | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse arabe Levant-Maghreb | 0.00 | neutral |
La presse italienne rapporte avec alarme que la déclaration virale de l'oncologue Debora Rasio selon laquelle les crèmes solaires augmentent le mélanome est scientifiquement infondée. La communauté médicale la dénonce comme une désinformation dangereuse, soulignant que les solaires protègent du cancer de la peau. L'article met en lumière la polémique médiatique et la colère des confrères.
Les médias maghrébins discutent du compromis de l'utilisation de la crème solaire en été, soulignant qu'une utilisation excessive peut limiter la synthèse de vitamine D. Le conseil est d'équilibrer exposition et protection pour éviter les carences vitaminiques, sans mentionner la controverse sur le mélanome.
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