
Les États-Unis imposent une taxe de 25 % sur les produits brésiliens, Brasília écarte des représailles immédiates
La nouvelle surtaxe américaine, entrée en vigueur le 22 juillet, affecte 18 % des exportations brésiliennes ; le gouvernement Lula privilégie la négociation tout en préparant des mesures de soutien.
La surtaxe de 25 % imposée par l’administration Trump sur environ 3 000 produits brésiliens est entrée en vigueur le 22 juillet, selon des sources brésiliennes et internationales. Le gouvernement brésilien estime que cette mesure touche 18 % de ses exportations vers les États-Unis, soit l’équivalent de 7,4 milliards de dollars sur la base des échanges de 2024. La décision fait suite à une enquête menée par le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) au titre de la section 301 de la loi de commerce de 1974, qui a conclu à des pratiques brésiliennes jugées déloyales dans les domaines du commerce numérique, de la propriété intellectuelle, de la lutte contre la corruption et de la déforestation.
Le vice-président Geraldo Alckmin a déclaré le 21 juillet que le Brésil ne chercherait pas à riposter par des mesures de rétorsion immédiates. « L’idée n’est pas la rétorsion. Œil pour œil, ce qui peut arriver, c’est que les deux deviennent aveugles », a-t-il affirmé, cité par plusieurs médias. Il a évoqué la loi de réciprocité économique, adoptée par le Congrès brésilien en 2025, mais a précisé qu’elle serait appliquée « au moment opportun et de manière appropriée ». Le ministre du Développement, de l’Industrie, du Commerce et des Services, Márcio Elias Rosa, a pour sa part indiqué que les thèmes soulevés par l’enquête américaine – notamment le système Pix, les barrières à l’éthanol et le traitement des grandes plateformes numériques – ne feraient plus l’objet de négociations, la décision américaine étant considérée comme « injuste et infondée ».
Selon les estimations de la Chambre de commerce américaine pour le Brésil (Amcham), plus de 11 milliards de dollars d’exportations pourraient être affectés. Le gouvernement brésilien étudie des mesures d’atténuation, notamment l’élargissement des lignes de crédit du programme Brasil Soberano et la flexibilisation du régime de drawback. Parallèlement, l’agence ApexBrasil intensifie la recherche de nouveaux débouchés, en priorité vers la Chine, l’Union européenne, l’Inde et le Mexique, dans le cadre des accords du Mercosur. Le ministre des Finances, Dario Durigan, a exclu toute rétorsion immédiate, tout en affirmant que le Brésil se protégerait.
La nouvelle taxe s’inscrit dans un contexte plus large de pression commerciale américaine. Une surtaxe supplémentaire de 12,5 % pourrait être annoncée prochainement, dans le cadre d’une enquête sur le travail forcé visant le Brésil et 85 autres pays. Le gouvernement brésilien attend une décision d’ici le 24 juillet et s’interroge sur la cumulativité éventuelle des deux taxes. Par ailleurs, le 29 juillet, la taxe de 25 % s’appliquera aux marchandises déjà en transit. Le gouvernement Lula maintient le dialogue diplomatique tout en préparant un plan de soutien aux secteurs les plus exposés, notamment les machines, les chaussures et les produits manufacturés.
| Presse latino-américaine | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse russe et CEI | −0.70 | critical |
Brazil views the tariff as an unfortunate but manageable challenge. The refusal to retaliate signals a preference for diplomatic resolution.
The US tariff on Brazil is another example of Washington's aggressive trade policy, destabilizing global markets. Moscow sees it as evidence of US disregard for international norms.
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