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samedi 25 avril 2026

Face à l’Iran, la fragile prolongation de la trêve au Liban

C’est par une mise en garde que Benyamin Nétanyahou a réagi, vendredi, à la prolongation de trois semaines du cessez-le-feu entre Israël et le Liban : le Premier ministre israélien a accusé le Hezbollah de « tenter de saboter les efforts pour parvenir à une paix historique » entre les deux pays, tout en martelant qu’Israël conservait « une totale liberté d’action contre toute menace ». Quelques heures plus tôt, l’armée israélienne avait bombardé des bâtiments du mouvement chiite près de Deir Amess, dans le sud du Liban, affirmant avoir riposté à une violation de la trêve par des hommes armés. L’enchaînement illustre l’épaisseur du brouillard qui enveloppe le fragile équilibre régional.

L’initiative américaine, annoncée par Donald Trump sur son réseau Truth Social après un entretien dans le Bureau ovale réunissant le vice-président J. D. Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et les ambassadeurs à Jérusalem et Beyrouth, prolonge un répit consenti depuis le 17 mars.

Mais à Washington, on présente ce délai comme un ballon d’oxygène pour « continuer à travailler en faveur d’une paix durable » entre les deux voisins, tandis qu’au même moment, la Maison-Blanche accentue sa pression économique et militaire sur Téhéran. Cette contradiction apparente – négocier un cessez-le-feu tout en frappant l’allié iranien – ne surprend guère les observateurs européens : à Madrid comme à Paris, on relève que l’administration américaine poursuit une logique de contenant fragile, où chaque extension de trêve sert à la fois à isoler le Hezbollah et à maintenir une menace crédible sur le dos de l’Iran. Depuis le sud du Liban, le regard est tout autre.

Dans un centre d’accueil pour déplacés de Saïda, peu croient à la valeur d’un simple prolongement. « Cette trêve ne veut rien dire pour moi, tant que nous ne sommes pas rentrés chez nous », confie Mohammad al-Zein, 21 ans, originaire d’Ayta al-Chaab, l’un de ces villages interdits d’accès derrière la « ligne jaune » tracée par l’armée israélienne. Pour plus d’un million de Libanais contraints à l’exil depuis le début des hostilités le 2 mars, la paix ne se décrète pas depuis Washington ou Jérusalem : elle se mesure à la possibilité de regagner ses terres. Les médias arabes, de la chaîne saoudienne Sky News Arabia au réseau qatari Al-Jazeera, soulignent le fossé entre les annonces diplomatiques et la réalité vécue aux frontières, où des échanges de tirs sporadiques continuent de faire des morts.

La presse canadienne francophone, par la voix du Devoir, prolonge cette empathie en rappelant que Beyrouth, déjà fragilisée par une crise économique abyssale, subit une nouvelle fois les ambitions concurrentes des puissances régionales. En filigrane, c’est le jeu israélo-iranien qui dicte le tempo. Nétanyahou s’est félicité d’un « entretien excellent » avec Trump, attribuant à la pression « très forte » exercée sur l’Iran la possibilité de « changer le visage du Moyen-Orient ».

Les perspectives ouvertes par cette prorogation de trois semaines restent donc suspendues à la capacité de Téhéran à encaisser les coups sans déclencher une réaction en chaîne qui embraserait à nouveau le sud du Liban. De New Delhi à Bruxelles, les chancelleries observent ce répit avec une inquiétude teintée de réalisme : tant que la question iranienne n’est pas stabilisée, le Liban demeurera une scène où se joue par procuration un conflit qui dépasse très largement ses frontières.

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samedi 25 avril 2026

Face à l’Iran, la fragile prolongation de la trêve au Liban

C’est par une mise en garde que Benyamin Nétanyahou a réagi, vendredi, à la prolongation de trois semaines du cessez-le-feu entre Israël et le Liban : le Premier ministre israélien a accusé le Hezbollah de « tenter de saboter les efforts pour parvenir à une paix historique » entre les deux pays, tout en martelant qu’Israël conservait « une totale liberté d’action contre toute menace ». Quelques heures plus tôt, l’armée israélienne avait bombardé des bâtiments du mouvement chiite près de Deir Amess, dans le sud du Liban, affirmant avoir riposté à une violation de la trêve par des hommes armés. L’enchaînement illustre l’épaisseur du brouillard qui enveloppe le fragile équilibre régional.

L’initiative américaine, annoncée par Donald Trump sur son réseau Truth Social après un entretien dans le Bureau ovale réunissant le vice-président J. D. Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et les ambassadeurs à Jérusalem et Beyrouth, prolonge un répit consenti depuis le 17 mars.

Mais à Washington, on présente ce délai comme un ballon d’oxygène pour « continuer à travailler en faveur d’une paix durable » entre les deux voisins, tandis qu’au même moment, la Maison-Blanche accentue sa pression économique et militaire sur Téhéran. Cette contradiction apparente – négocier un cessez-le-feu tout en frappant l’allié iranien – ne surprend guère les observateurs européens : à Madrid comme à Paris, on relève que l’administration américaine poursuit une logique de contenant fragile, où chaque extension de trêve sert à la fois à isoler le Hezbollah et à maintenir une menace crédible sur le dos de l’Iran. Depuis le sud du Liban, le regard est tout autre.

Dans un centre d’accueil pour déplacés de Saïda, peu croient à la valeur d’un simple prolongement. « Cette trêve ne veut rien dire pour moi, tant que nous ne sommes pas rentrés chez nous », confie Mohammad al-Zein, 21 ans, originaire d’Ayta al-Chaab, l’un de ces villages interdits d’accès derrière la « ligne jaune » tracée par l’armée israélienne. Pour plus d’un million de Libanais contraints à l’exil depuis le début des hostilités le 2 mars, la paix ne se décrète pas depuis Washington ou Jérusalem : elle se mesure à la possibilité de regagner ses terres. Les médias arabes, de la chaîne saoudienne Sky News Arabia au réseau qatari Al-Jazeera, soulignent le fossé entre les annonces diplomatiques et la réalité vécue aux frontières, où des échanges de tirs sporadiques continuent de faire des morts.

La presse canadienne francophone, par la voix du Devoir, prolonge cette empathie en rappelant que Beyrouth, déjà fragilisée par une crise économique abyssale, subit une nouvelle fois les ambitions concurrentes des puissances régionales. En filigrane, c’est le jeu israélo-iranien qui dicte le tempo. Nétanyahou s’est félicité d’un « entretien excellent » avec Trump, attribuant à la pression « très forte » exercée sur l’Iran la possibilité de « changer le visage du Moyen-Orient ».

Les perspectives ouvertes par cette prorogation de trois semaines restent donc suspendues à la capacité de Téhéran à encaisser les coups sans déclencher une réaction en chaîne qui embraserait à nouveau le sud du Liban. De New Delhi à Bruxelles, les chancelleries observent ce répit avec une inquiétude teintée de réalisme : tant que la question iranienne n’est pas stabilisée, le Liban demeurera une scène où se joue par procuration un conflit qui dépasse très largement ses frontières.

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