
La guerre navale de Washington contre le narcotrafic s’intensifie : 192 morts dans le Pacifique
Un nouveau bombardement américain contre une embarcation suspectée de trafic de drogue porte à 192 le bilan de l’offensive. Les critiques fusent outre-Atlantique.
Le vendredi 9 mai, pour la énième fois depuis plusieurs mois, un navire de guerre américain a ouvert le feu sur une vedette rapide dans l’est du Pacifique. Bilan : deux morts, un survivant. Le Commandement sud des États-Unis (SOUTHCOM) a justifié cette frappe en affirmant que le bâtiment était « opéré par des organisations terroristes désignées » et qu’il empruntait des routes connues du narcotrafic. L’incident porte à cent quatre-vingt-douze le nombre de personnes tuées dans le cadre de cette campagne militaire, selon un décompte réalisé à partir des annonces officielles. Au-delà du chiffre, c’est la méthode qui interpelle : des organisations de défense des droits humains, tant en Amérique latine qu’aux États-Unis, dénoncent des « exécutions extrajudiciaires », rappelant que les suspects ne sont ni arrêtés ni jugés, mais systématiquement abattus.
Cette escalade intervient dans le sillage de la nouvelle stratégie antiterroriste signée par le président Donald Trump mercredi, qui place les cartels de la drogue au même rang que les groupes djihadistes. Pour les chancelleries latino-américaines, la logique est périlleuse. Elles voient dans cette militarisation un précédent dangereux : si Washington peut bombarder en haute mer sans procédure judiciaire, qu’empêcherait-il demain d’étendre cette doctrine aux eaux territoriales ou aux côtes de nations souveraines ? Le Mexique, la Colombie et le Pérou – principaux pays de transit – ont déjà exprimé leur malaise face à une approche qui court-circuite leurs propres systèmes de lutte antidrogue.
Du côté européen, la réaction est plus discrète mais tout aussi préoccupée. Bruxelles, qui finance des programmes de surveillance maritime dans le golfe de Guinée et en Méditerranée, observe avec attention cette dérive sécuritaire. Le Canada, partenaire régulier des opérations interaméricaines, n’a pas officiellement commenté, mais des diplomates confient en privé leur gêne face à un bilan humain qui ne cesse de croître sans que soient fournies de preuves tangibles de la nature des cargaisons interceptées. En Afrique francophone, où les routes maritimes du cocaïne en provenance d’Amérique du Sud alimentent des réseaux transnationaux, l’inquiétude est d’une autre nature : certains redoutent que ce précédent ne serve de modèle à des opérations similaires menées par d’autres puissances, au mépris des droits des gens de mer.
À ce stade, la Maison-Blanche ne donne aucun signe de fléchissement. Les prochaines semaines diront si cette guerre navale, présentée comme un volet de la lutte antiterroriste, parvient à endiguer le trafic ou si, comme le redoutent nombre d’analystes, elle ne fait que déplacer les routes, criminaliser davantage des pêcheurs modestes et alourdir un bilan humain déjà lourd de deux cents vies brisées. La question, au fond, est politique : l’élimination physique des suspects peut-elle remplacer une coopération judiciaire et policière patiemment construite depuis des décennies ? Rien n’est moins sûr.
| Presse du Golfe arabe | −0.10 | neutral |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | −0.70 | critical |
| Presse européenne continentale | −0.90 | critical |
L'armée américaine a frappé un autre bateau soupçonné de trafic de drogue dans le Pacifique oriental, tuant deux personnes et laissant un survivant. Cette opération s'inscrit dans une campagne qui, selon un décompte de l'AFP, a fait au moins 192 morts.
Les États-Unis ont bombardé un autre bateau de drogue dans le Pacifique, portant à 189 le nombre de morts dans ces opérations. Le Commandement Sud a confirmé cette frappe qui a fait deux morts et un survivant, dans le cadre d'une campagne qui compte des dizaines d'actions similaires.
Une attaque américaine a tué deux personnes à bord d'un navire dans le Pacifique oriental, dans le cadre d'une campagne que des organisations de défense des droits humains qualifient d'exécutions extrajudiciaires. Le Commandement Sud a annoncé cette opération, qui s'ajoute à une série de frappes contre des trafiquants présumés sans contrôle judiciaire.
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