
Guerre en Iran : la défiance américaine atteint des records, l'administration Trump en déroute
Soixante et un pour cent des Américains jugent que leur pays a commis une erreur en engageant une action militaire contre l'Iran. Ce taux, identique à celui enregistré pour la guerre du Viêt Nam en 1971 selon Gallup, marque un rejet historique de l'opération lancée par Donald Trump. Le sondage ABC News/Washington Post/Ipsos, réalisé auprès de 2 560 personnes, révèle que seuls 36 % des citoyens soutiennent encore la décision présidentielle. La guerre, désormais entrée dans une trêve précaire, pèse lourdement sur l'économie américaine : le prix de l'essence a atteint son plus haut niveau en quatre ans, avec une moyenne nationale de 4,39 dollars le gallon, et près de la moitié des foyers anticipent une nouvelle hausse dans l'année à venir. Quatre Américains sur dix disent être moins à l'aise financièrement que lors du retour de Trump à la Maison-Blanche, et un quart se déclarent en retard sur leurs dépenses courantes.
Face à ce mécontentement généralisé, l'exécutif tente de réécrire le récit. Donald Trump, lors d'une intervention en Floride, a qualifié les sondages de « foutaises » et affirmé que les Américains le soutiennent. Mais les chiffres contredisent cette posture : certains membres de l'administration, sous couvert d'anonymat, confient leur inquiétude pour les élections de mi-mandat, estimant que « la partie est déjà jouée ». Les républicains, pris en tenaille, multiplient les stratagèmes rhétoriques : ils nient la responsabilité présidentielle dans la flambée des prix ou, à l'instar du sénateur Rick Scott, affirment que la hausse est « terrible mais nécessaire » pour la sécurité nationale, tandis que des pénuries d'essence frappent déjà la Floride.
En Europe et dans l'espace francophone, ce conflit suscite une vive préoccupation. Les capitales européennes, qui avaient déjà dû composer avec la volatilité des cours du pétrole, redoutent une contagion économique et sécuritaire. Les observateurs belges et canadiens pointent l'érosion de la crédibilité américaine sur la scène internationale, tandis que plusieurs pays africains, fortement dépendants des importations de carburant, craignent une aggravation de leurs déficits budgétaires. À Paris comme à Bruxelles, l'idée d'une médiation multilatérale gagne du terrain, mais la Maison-Blanche, qui continue de justifier l'offensive par la nécessité d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, n'a montré aucun signe d'ouverture diplomatique.
À l'approche des élections de novembre, la défiance populaire pourrait provoquer un basculement politique aux États-Unis. La comparaison avec le Viêt Nam n'est pas seulement historique : elle suggère qu'aucun discours officiel ne pourra inverser la tendance tant que les prix à la pompe et l'inflation demeureront élevés. Les républicains, qui ont fait de la lutte contre l'inflation leur cheval de bataille, se retrouvent désormais prisonniers d'une contradiction insoluble. Pour Donald Trump, le pari d'une guerre courte s'est mué en un conflit de longue haleine dont la facture économique et politique, elle, ne cesse de s'alourdir.
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