
Guerre en Iran : le Pentagone chiffre le conflit à 25 milliards de dollars, les oppositions s’impatientent
Pour la première fois depuis le déclenchement de l’opération Epic Fury le 28 février, un haut responsable du Pentagone a révélé mercredi devant la commission des forces armées de la Chambre des représentants le coût officiel de la guerre américaine contre l’Iran : environ 25 milliards de dollars. Jules Hurst, contrôleur par intérim du département de la Défense, a précisé que la majeure partie de cette somme avait été engloutie dans les munitions, le reste étant consacré aux opérations quotidiennes et au remplacement d’équipements endommagés ou détruits. Cette estimation intervient alors que le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, comparaissait pour la première fois devant le Congrès depuis le début du conflit, dans une atmosphère électrique marquée par les critiques des démocrates et les inquiétudes croissantes des républicains eux-mêmes.
Au-delà des chiffres, l’audition a révélé un fossé profond entre l’administration Trump et une partie du Congrès sur la stratégie globale de la guerre. Les démocrates, portés par des sondages favorables à six mois des élections de mi-mandat, n’ont cessé de dénoncer une opération « non autorisée » et « sans issue claire », exigeant des explications sur les objectifs réels et le plan de sortie. Adam Smith, principal membre démocrate de la commission, a directement interpellé Hegseth sur le bilan humain — soldats américains et civils iraniens — et sur les frappes ayant touché des écoles, tuant des enfants. Le secrétaire à la Défense, adoptant un ton combatif, a retourné l’accusation contre ceux qu’il qualifie de « défaitistes », tant démocrates que républicains, tout en plaidant pour le budget militaire record de 1 500 milliards de dollars demandé pour 2027.
Cette confrontation s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large où les répercussions économiques du conflit se font sentir bien au-delà du Moyen-Orient. La fermeture du détroit d’Ormuz a provoqué une flambée des prix du pétrole brut et du gaz naturel, frappant durement les économies européennes, notamment celles de la France et de l’Allemagne, qui dépendent fortement des approvisionnements énergétiques régionaux. Du côté de la francophonie, le Canada, par la voix de ses médias et analystes, s’interroge sur la légitimité d’une guerre menée sans feu vert clair du Parlement américain, tandis que la Belgique et d’autres alliés européens redoutent une escalade prolongée. Le président Trump, quant à lui, maintient une ligne dure en menaçant de renforcer les sanctions bancaires contre Téhéran et en réaffirmant la blocus naval des ports iraniens, geste que le Haut-Commissariat de l’ONU a condamné en rappelant les exécutions récentes perpétrées par le régime iranien.
L’horizon politique américain s’annonce désormais tendu : alors que certains sénateurs républicains, comme John Curtis ou Susan Collins, évoquent l’échéance des 60 jours qui contraindrait l’administration à réduire son engagement sans approbation du Congrès, le Pentagone n’a toujours pas soumis de demande de crédits supplémentaires, attendant une évaluation complète des coûts. Cette incertitude nourrit les craintes d’un enlisement comparable à ceux de l’Irak ou de l’Afghanistan, tandis que la question centrale demeure : combien de temps l’opinion publique américaine, et ses alliés, accepteront-ils de payer le prix d’une guerre dont la finalité stratégique reste floue ?
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