
Incendie en Gironde : près de 400 obus de la Seconde Guerre mondiale mis au jour à Le Porge
Après le passage d’un mégafeu qui a détruit plus de 180 habitations, les démineurs ont récupéré des centaines de munitions allemandes et françaises, abandonnées là depuis la fin du conflit.
Le village de Le Porge, en Gironde, a été le théâtre d’une découverte aussi inattendue que dangereuse. À la suite du vaste incendie qui a ravagé la région à la fin juillet – le plus grave depuis 1949, avec plus de 40 000 hectares brûlés et plus de 180 maisons détruites –, les flammes ont mis au jour un important dépôt de munitions de la Seconde Guerre mondiale. Selon la préfecture de la Nouvelle-Aquitaine, les opérations de déminage ont permis de récupérer environ 400 obus et autres projectiles, pour la plupart des mortiers, mais aussi des obus antichars, d’origine allemande et française.
Durant l’incendie, les habitants, évacués en nombre, avaient entendu de multiples détonations. « Toutes les vingt minutes, il y avait une explosion », a témoigné un résident, Sylvain, à TF1. Les pompiers avaient d’abord attribué ces bruits à des bouteilles de gaz. Mais le maire de la commune, Martial Zaninetti, a confié à France Info avoir compté « plus de 100 explosions » lors de la deuxième nuit, comparant le vacarme à un « bruit de guerre ». L’un des projectiles a même traversé le mur d’une habitation, a-t-il précisé. Le commandant des pompiers Thomas Mimiague a confirmé que la chaleur extrême avait probablement fait détoner ces engins enfouis.
Une fois le feu maîtrisé, les artificiers du centre de déminage de Bordeaux, dirigés par le commandant Philippe, sont intervenus. « Nous avons enlevé 75 obus » dans un premier temps, a-t-il indiqué, avant que le total ne dépasse les 400. « Je n’avais jamais vu une telle concentration d’engins dans un espace aussi réduit », a-t-il ajouté, soulignant que le temps et la chaleur rendent ces munitions encore plus instables. La plupart des résidents ont pu regagner leur domicile lundi soir, mais le maire a signalé sur Instagram que l’accès à certaines zones, dont le littoral et le village de La Jenny, demeurait interdit.
Les munitions, qui ne proviendraient pas d’un dépôt militaire officiel, auraient été simplement abandonnées sur place à la fin de la guerre, selon l’hypothèse avancée par le commandant Mimiague. La découverte de tels vestiges n’est pas rare en France : l’an dernier, la découverte d’une bombe près de la gare du Nord avait paralysé le trafic ferroviaire parisien, et en 2012, un millier de personnes avaient été évacuées à Marseille pour neutraliser un engin allemand d’une tonne. Les obus de Le Porge doivent être transférés vers un site militaire pour y être détruits.
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Le chef des démineurs annonce que la priorité est de collecter les obus en surface, ceux enfouis seront traités plus tard.
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