
Inter Milan sacré champion, Real Madrid fragilisé par les frasques de Mbappé
Cristian Chivu conduit l'Inter au 21e scudetto après une renaissance spectaculaire, tandis qu'à Madrid l'attitude de Mbappé ébranle le vestiaire.
Le football italien connaît un printemps de renaissance. L'Inter Milan, terrassé en août par une humiliation 5-0 en finale de Ligue des champions face au Paris-Saint-Germain, a su redresser la barre pour décrocher son 21e titre de champion d'Italie, trois journées avant la fin de la saison. Ce scudetto, acquis grâce à une victoire 2-0 contre Parme au San Siro, porte la signature de Cristian Chivu, arrivé en cours d'exercice pour remplacer Simone Inzaghi. L’ancien défenseur roumain, que beaucoup considéraient comme un simple « médecin de famille », a insufflé une énergie nouvelle à un groupe abattu, transformant une équipe en dépression sportive en machine à gagner. Sur les bords de la Pinetina, on loue désormais sa stratégie intelligente et sa capacité à cimenter un noyau dur de joueurs italiens, gage de stabilité. Dans les rues de Milan, entre le Château Sforzesco et la Piazza del Duomo, les vendeurs de sirènes et les artificiers ont préparé la fête depuis des semaines : le titre était attendu comme le pollen au printemps, mais sa conquête n’en est pas moins exemplaire.
Pendant que Milan célèbre, Madrid s’interroge. Au Real Madrid, la polémique enfle autour de Kylian Mbappé. Alors que le club espagnol traverse une période délicate, l’attaquant français, blessé au muscle semitendineux de la jambe gauche, a choisi de partir en vacances en Sardaigne avec l’actrice Ester Expósito, suscitant un malaise grandissant parmi les supporters et une partie du vestiaire. Les médias espagnols s’étranglent : quel médecin recommanderait un voyage de plusieurs milliers de kilomètres pour une rééducation musculaire ? Álvaro Arbeloa, l’entraîneur madrilène, tente d’éteindre l’incendie en rappelant que les joueurs blessés restent sous supervision médicale et que Mbappé a droit à du repos. Mais ses propos, jugés en décalage avec l’exigence d’exemplarité du club, ne dissipent pas les doutes. En France, le silence du joueur nourrit les spéculations : certains y voient une priorité donnée à la Coupe du monde, d’autres une simple maladresse de jeunesse.
Deux destins qui s’opposent, deux philosophies qui se confrontent. L’Inter a fait le pari de la cohésion et de la modestie, en confiant les rênes à un technicien novice mais fédérateur. Le Real Madrid, lui, se déchire autour d’une superstar dont les frasques érodent la confiance collective. Les dirigeants milanais, avec Beppe Marotta en chef d’orchestre, regardent déjà vers l’avenir, conscients que le titre ne suffira pas : il faudra renforcer l’effectif sans briser l’équilibre retrouvé. À Madrid, l’urgence est autre : recoller les morceaux avant un clasico décisif contre Barcelone, alors que les tensions internes menacent de compromettre une saison déjà chaotique. L’Europe du football observe ces deux visages d’un même sport : l’un où la renaissance collective l’emporte sur les ego, l’autre où les ego risquent d’engloutir la maison blanche.
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