
Irak : Ali al-Zaidi, un homme d’affaires pour sortir de l’impasse politique
La désignation d’Ali al-Zaidi au poste de Premier ministre irakien, lundi, met fin à cinq mois de blocage parlementaire. Cet entrepreneur de trente-neuf ans, peu connu du grand public mais proche des cercles économiques et politiques chiites, hérite d’une tâche herculéenne : former un gouvernement de consensus en trente jours, sous la pression conjuguée de Washington, des capitales régionales et d’une opinion lasse des luttes partisanes. La rapidité avec laquelle les chancelleries ont salué sa nomination témoigne des attentes placées en lui.
L’ambassade des États-Unis à Bagdad a publié un message de félicitations, insistant sur la nécessité d’un exécutif « capable de réaliser les aspirations de tous les Irakiens », un langage qui reflète l’influence américaine dans l’éviction de l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, jugé trop clivant. Dans la même veine, le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, a téléphoné à al-Zaidi pour lui promettre un renforcement des « liens fraternels » et un soutien à la stabilité irakienne. Ce geste confirme l’engagement des monarchies du Golfe en faveur d’un Irak stable, loin des ingérences iraniennes.
Plus inattendu, le ministère des Affaires étrangères du gouvernement intérimaire syrien a accueilli favorablement cette nomination, y voyant une étape importante pour consolider les institutions irakiennes. Damas, qui cherche à rétablir des relations bilatérales solides après des années de guerre civile, mise sur un partenaire prévisible à Bagdad. Ali al-Zaidi n’est pourtant pas un inconnu pour les initiés.
Diplômé en droit, il contrôle plus de quinze entreprises, dont la chaîne de télévision Dijla et la Banque islamique du Sud, cotée à la Bourse de Bagdad. Son profil de technocrate libéral pourrait séduire les investisseurs étrangers, mais il devra composer avec les factions du Cadre de coordination chiite, qui ont appuyé sa candidature après avoir écarté al-Maliki. Les prochaines semaines seront décisives.
Le nouveau Premier ministre doit obtenir la confiance du Parlement tout en répondant à des exigences contradictoires : apaiser la rue irakienne, maintenir l’équilibre fragile entre les blocs politiques, et rassurer des partenaires régionaux aux intérêts divergents. Si la communauté internationale, des États-Unis aux Émirats en passant par Damas, semble prête à lui donner sa chance, la réussite dépendra de sa capacité à transformer des promesses en actes, dans un pays où l’économie est minée par la corruption et la dépendance pétrolière.
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