
Provisionnement en hausse : les banques émergentes entre expansion du crédit et dégradation des actifs
Du Brésil à l’Inde en passant par le Mexique et l’Argentine, les établissements financiers voient leurs réserves pour pertes grimper, signalant un cycle de crédit plus risqué.
Dans plusieurs grandes économies émergentes, les résultats bancaires du deuxième trimestre 2026 dessinent un paysage commun : la qualité des actifs se dégrade, poussant les provisions à des niveaux historiques ou en forte hausse. Au Mexique, les provisions préventives pour risques de crédit ont atteint 124,2 milliards de pesos au premier semestre, un record supérieur à celui de la pandémie, tandis que les bénéfices du secteur ont reculé de 2,2 % en glissement annuel. Au Brésil, les trois premières banques privées – Itaú, Bradesco et Santander – ont constitué 28,7 milliards de reais de réserves, soit 12,4 % de plus qu’un an plus tôt, alors que leur portefeuille de crédit n’a progressé que de 9,4 %. En Argentine, les provisions pour pertes sont passées de 3,4 % de l’encours brut entre 2021 et 2024 à près de 9 % en mai 2026, selon Moody’s. Même en Inde, où la State Bank of India a vu son bénéfice net consolidé bondir de 13,7 % grâce à une baisse des dotations aux créances douteuses, les nouveaux impayés ont augmenté de 27 % par rapport au trimestre précédent.
Cette dégradation s’explique par la conjonction d’une expansion rapide du crédit, notamment à la consommation, et d’un environnement macroéconomique moins porteur. Au Mexique, le crédit à la consommation a crû de 8,1 % en termes réels, mais la morosité ajustée a grimpé à 4,7 %, tandis que les radiations sur les prêts aux particuliers atteignaient 8 % en mai. Au Brésil, le taux de défaut général du système financier a touché un pic historique de 4,74 % en mai, avant de refluer légèrement à 4,68 % en juin sous l’effet du programme de renégociation Desenrola 2.0. L’endettement des ménages y a également atteint un sommet, à 49,93 % du revenu annuel, alors que le taux directeur Selic reste élevé, à 14 %. En Argentine, la stabilisation macroéconomique a permis un doublement du crédit au secteur privé en part du PIB, mais la maturation de ces nouveaux prêts non garantis alimente désormais les impayés.
Face à ces signaux, les dirigeants bancaires adoptent un ton de prudence. Le président d’Itaú, Milton Maluhy, a déclaré préférer « renoncer à la croissance et à la part de marché plutôt que de courir le risque de l’impayé », tandis que son homologue de Bradesco, Marcelo Noronha, a indiqué réduire le crédit personnel non garanti. Au Mexique, l’agence Moody’s a averti que l’expansion du crédit à la consommation, couplée au ralentissement économique et à la faiblesse de l’emploi formel, constituait un foyer de risque pour les banques. En Argentine, la même agence anticipe que les provisions resteront élevées à mesure que le cycle de crédit arrivera à maturité, même si les marges d’intérêt demeurent solides.
Les mois à venir seront déterminants. Au Brésil, le marché n’anticipe plus qu’une seule baisse supplémentaire du taux Selic, à 13,75 %, ce qui maintiendra la pression sur la capacité de remboursement des emprunteurs. Au Mexique, la baisse des taux d’intérêt comprime déjà les revenus des banques, tandis que la concurrence de nouveaux acteurs s’intensifie. Les prochaines publications de résultats trimestriels et les décisions de politique monétaire des banques centrales brésilienne et mexicaine indiqueront si la dégradation se stabilise ou s’aggrave.
| Presse indienne et sud-asiatique | +0.80 | aligned |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | −0.70 | critical |
SBI triomphe avec des bénéfices records et des provisions réduites, preuve de la solidité bancaire indienne dans un contexte mondial incertain.
Isoler un seul point de donnée positif (le bénéfice de SBI) et le présenter comme représentatif de l'ensemble du secteur, en omettant la tendance inverse dans d'autres pays.
Ne mentionne pas que les banques au Brésil, au Mexique et en Argentine augmentent leurs provisions et adoptent la prudence, créant un contraste non représenté.
Le système de crédit latino-américain est sous tension : ménages surchargés, défauts en hausse, banques se protégeant avec des provisions records tandis que les profits chutent.
Accumule des données alarmantes sur la dette, les défauts et les mesures bancaires pour construire un tableau de crise systémique, généralisant le risque à toute la région.
Ne fait pas référence au cas indien de SBI, qui montre une performance positive avec des provisions en baisse, ce qui pourrait atténuer le récit d'une crise mondiale du crédit.
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