
Iran et Oman négocient un partage du contrôle du détroit d’Ormuz, Washington dénonce un précédent dangereux
Téhéran et Mascate finalisent un accord qui confierait à l’Iran la surveillance du trafic entrant dans le Golfe, en échange d’une « redevance de service », tandis que les États-Unis rejettent toute légitimation d’un contrôle unilatéral sur cette voie maritime internationale.
Selon des responsables iraniens et américains cités par le New York Times et Reuters, l’Iran et le sultanat d’Oman sont sur le point de conclure un arrangement provisoire pour réguler la navigation dans le détroit d’Ormuz. D’après ces sources, les navires à destination du golfe Persique emprunteraient un couloir sous contrôle iranien, longeant les côtes de la République islamique, tandis que les bâtiments quittant le Golfe passeraient par un chenal proche des eaux omanaises. Un haut responsable iranien a précisé à Reuters que Téhéran « cherche à contrôler l’entrée du trafic maritime » et qu’Oman délivrerait les autorisations de sortie après notification à l’Iran, ajoutant qu’il est « peu probable que Téhéran modifie sa position ».
Les autorités iraniennes affirment qu’aucun droit de passage ne sera perçu, mais que l’accord prévoit une « redevance de service » destinée à couvrir les impacts environnementaux, la sécurisation des pétroliers et les coûts de main-d’œuvre. Deux responsables iraniens ont indiqué au New York Times que ces recettes seraient partagées à parts égales entre l’Iran et Oman. En revanche, un responsable américain au fait des discussions a qualifié ce récit d’« inexact », assurant que les éventuels itinéraires temporaires ne nécessiteraient ni approbation ni autorisation de Téhéran, et qu’aucun prélèvement ne serait imposé. Le département d’État, par la voix du secrétaire Marco Rubio, a martelé que le détroit devait retrouver son statut de voie maritime internationale libre, tel qu’il existait avant l’attaque américano-israélienne du 28 février, et mis en garde contre un précédent qui permettrait à un État de « contrôler une voie navigable internationale, d’y percevoir des taxes et de faire exploser les navires qui ne paieraient pas ».
Pour Téhéran, ce mécanisme consacrerait une capacité de contrôle que la République islamique n’exerçait pas avant le conflit, et qu’elle considère désormais comme un levier stratégique. Les responsables iraniens conditionnent toute réouverture du détroit à la levée du blocus naval américain sur les ports iraniens du Golfe et au retour au plan en quatorze points du mémorandum d’Islamabad. Côté américain, le président Trump voit dans un tel accord un moyen de résoudre un problème politique immédiat en rétablissant le trafic maritime, mais certains responsables du Pentagone, selon le New York Times, redoutent qu’il ne constitue une capitulation face à l’Iran, d’autant que la présence de nombreuses mines dans le chenal de sortie obligerait les navires à se coordonner avec Téhéran pour une traversée sûre.
Le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que les négociations avec Mascate étaient « en phase finale », tandis que le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a précisé que l’entente porterait sur un « itinéraire mutuellement acceptable » distinct des couloirs existants. L’Organisation maritime internationale a fait savoir qu’elle n’était pas partie aux discussions et que toute proposition de nouvelle route devrait lui être soumise pour examen par les États membres. En Iran, le vice-ministre des affaires étrangères Kazem Gharibabadi a révélé que Téhéran avait rejeté une offre omanaise de partage à 50-50 des voies de circulation, exigeant que la totalité du trafic entrant et une partie du trafic sortant transitent par ses eaux territoriales. Le dossier, étroitement lié aux perspectives de négociations élargies sur le nucléaire, reste suspendu à la finalisation de ces arrangements techniques et à la réponse américaine.
| Presse iranienne et apparentée | +0.40 | aligned |
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| Presse atlantique / anglosphère | −0.10 | neutral |
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
L'Iran consolide son rôle de gardien du détroit d'Ormuz, transformant une crise en un avantage permanent.
En soulignant le rôle actif de l'Iran en tant que négociateur légitime, en citant des sources iraniennes et en minimisant les objections américaines, il présente l'accord comme un fait accompli.
Il omet les objections détaillées de l'administration Trump et les préoccupations des pays du Golfe, qui pourraient voir l'accord comme une menace à la liberté de navigation.
L'administration américaine hésite face à un accord qui, tout en résolvant l'urgence, légitime le contrôle iranien sur les routes.
Il présente l'accord comme un compromis dangereux, le dépeignant comme une concession qui pourrait avoir des conséquences stratégiques négatives pour les États-Unis et leurs alliés.
Il omet la perspective iranienne de souveraineté et le rôle positif d'Oman en tant que médiateur, se concentrant uniquement sur les inconvénients pour l'Occident.
Les pays du Golfe observent avec prudence le dialogue entre l'Iran et Oman, conscients que tout accord redéfinira les équilibres régionaux.
Il adopte un ton d'observateur détaché, décrivant les positions de tous les acteurs sans prendre parti, pour maintenir sa crédibilité régionale et ne pas alarmer ses lecteurs.
Il omet les critiques les plus sévères envers l'Iran de la part de certains États du Golfe, peut-être pour ne pas compromettre son propre rôle de médiateur.
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