
Iran : Les manifestations d’élèves se heurtent au mépris officiel, à l’heure des réformes contestées
En Iran, la colère lycéenne contre la réforme du concours d’entrée à l’université est balayée par les autorités. Pendant ce temps, la Suède repense son système de notation sous le feu des critiques.
Depuis plusieurs semaines, des lycéens iraniens manifestent dans une vingtaine de provinces contre la décision du Conseil suprême de la révolution culturelle d’intégrer les notes des examens finaux au concours d’entrée à l’université. Les slogans entendus – « Beaucoup de promesses, aucun résultat » ou « Si notre problème n’est pas résolu, nous manifesterons chaque jour » – traduisent une défiance profonde. Pourtant, la réponse du pouvoir est cinglante : le secrétaire du Conseil, Abdolhossein Khosropanah, a qualifié les protestataires de « mafia du concours », tandis qu’Abdolvahid Fiyazi, député membre de la commission de l’éducation, a intimé aux élèves d’arrêter de se plaindre et de retourner en classe, car leurs protestations sont « vaines ».
Ce mépris affiché contraste avec la réalité décrite par de nombreux élèves et parents. Comme le rapporte la presse iranienne réformatrice, loin de faire reculer les intérêts privés, la réforme a créé un nouveau marché florissant pour les cours particuliers, les manuels de préparation et les stages de « rattrapage de notes », renforçant les inégalités. Des médias de la diaspora, comme Iran International ou VOA Persian, relaient les vidéos de ces rassemblements, soulignant leur ampleur géographique – de Téhéran au Khouzistan, du Fars au Khorassan – et les accusations portées contre un régime qui, selon les manifestants, « ne tient jamais ses promesses ».
À des milliers de kilomètres, la Suède connaît des remous comparables autour de sa réforme du système de notation. Le Parlement s’apprête à adopter un nouveau barème de 1 à 10, supprimant la mention « échec », et une évaluation mêlant notes et examens nationaux. Mais, comme l’écrit la presse régionale suédoise, le débat ne porte pas seulement sur la pédagogie : un éditorial du Hallandsposten appelle à « épargner l’école des politiques », dénonçant leur tendance à multiplier les réformes au gré des alternances sans se soucier de la souffrance des enseignants. Un autre article, publié par un parent, alerte sur l’épuisement des professeurs face aux exigences administratives. La divergence est nette : en Suède, la société civile peut critiquer ouvertement la politique éducative, tandis qu’en Iran, les élèves sont réduits au silence.
Ce contraste illustre deux rapports au politique. En Iran, les manifestations lycéennes se déroulent dans un contexte sécuritaire tendu, où toute contestation est perçue comme une menace existentielle. La presse israélienne, citant d’anciens responsables du Mossad, rappelle que certains à l’étranger spéculent sur l’effondrement du régime, et que la reprise des opérations contre Téhéran pourrait relancer des plans déstabilisateurs. Cette lecture externe, bien que marginale, éclaire la crispation du pouvoir : les élèves qui osent protester contre une réforme technique sont vite suspectés de subversion, justifiant la répression.
À court terme, la détermination affichée par le Conseil suprême rend tout apaisement improbable. Mais en balayant les inquiétudes légitimes de centaines de milliers de jeunes, les autorités iraniennes pourraient creuser un fossé générationnel déjà béant. L’exemple suédois, sans être transposable, montre que la réforme scolaire ne peut faire l’économie du débat public – sous peine de désaffection et de rejet. L’épreuve de force actuelle pourrait bien n’être qu’un prélude à une contestation plus large.
| Presse iranienne et apparentée | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | +0.10 | neutral |
| Presse israélienne | −0.80 | critical |
Le site d'actualités réformiste iranien rapporte que le secrétaire du Conseil suprême a qualifié les étudiants protestataires de 'mafia du concours', mais les commentaires des utilisateurs rejettent cette idée, affirmant que la mafia bénéficie des nouvelles règles. L'article souligne le fossé entre les autorités et le public, mettant en avant les préoccupations légitimes des étudiants et des parents.
Les actualités en langue persane d'un média aligné sur l'Atlantique rapportent qu'un député conseille aux étudiants d'arrêter de protester car la décision du conseil est définitive. Un autre article documente les manifestations dans plusieurs villes et inclut l'analyse d'un sociologue, présentant une vision équilibrée qui reconnaît à la fois les positions officielles et la dissidence publique.
Une source d'information israélienne rapporte les protestations étudiantes croissantes en Iran, les présentant comme un défi à l'autorité du régime et notant la répression. L'article souligne le caractère généralisé des manifestations et la répression du régime, suggérant une instabilité plus profonde.
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