
L'affaire Epstein rebondit : nouvelles révélations, demande de grâce et enquête parlementaire
Plus de cinq ans après la mort de Jeffrey Epstein, l'ombre du financier pédophile continue de s'étendre. La récente publication par le département américain de la Justice de documents internes du FBI jette une lumière crue sur l'ampleur du réseau qui entourait Epstein. Plusieurs victimes y décrivent des abus orchestrés non seulement par le défunt milliardaire et sa complice Ghislaine Maxwell, mais aussi par d'autres hommes influents, parmi lesquels le financier Leon Black, le magnat du cinéma Harvey Weinstein ou encore le psychiatre Henry Jarecki. Ces témoignages, jugés crédibles par les enquêteurs, soulèvent des questions sur la suite donnée à ces accusations, les dossiers du Bureau fédéral laissant entrevoir des pistes d'investigation qui n'ont pas abouti.
De l'autre côté de l'Atlantique, la pression monte également sur les institutions qui ont croisé la route d'Epstein. La Fondation Gates a ainsi annoncé un examen externe de ses liens passés avec le financier, alors que des courriels récents ravivent les interrogations sur la nature de leur relation. Bill Gates, qui avait reconnu en interne des échanges « francs » avec Epstein, voit son héritage philanthropique entaché par cette affaire. Cette décision de la Fondation reflète une inquiétude plus large parmi les élites économiques et politiques européennes, où l'on redoute que de nouveaux noms ne soient cités dans les listes que Maxwell aurait conservées.
Car Ghislaine Maxwell, condamnée à vingt ans de prison pour trafic sexuel de mineures, tente un ultime coup. Selon des sources judiciaires italiennes, elle a adressé au département de la Justice une clé USB contenant, croit-on, une nouvelle demande de grâce. Cette initiative survient peu après que la première dame Melania Trump a publiquement nié tout lien avec le couple Epstein-Maxwell. La possibilité que Donald Trump, ancien ami du financier, puisse accorder une clémence à sa complice relance les spéculations sur d'éventuelles compromissions au sein de l'administration américaine.
Face à ces zones d'ombre, une voix s'élève pour exiger des comptes. Le procureur général par intérim, Todd Blanche, a indiqué son soutien à l'organisation d'auditions publiques des victimes d'Epstein devant le Congrès. Une proposition appuyée par Melania Trump elle-même, et qui trouve un écho favorable parmi les psychologues spécialistes des traumatismes : la parole publique, lorsqu'elle est encadrée, peut être un puissant vecteur de résilience et de justice. Alors que le FBI estime à plus d'un millier le nombre de victimes, ces auditions pourraient enfin briser l'omerta qui protège les puissants. L'issue de cette affaire dépendra de la volonté politique, aux États-Unis comme en Europe, de suivre les pistes là où elles mènent, sans égard pour les réputations.
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