
L'effondrement de la popularité de Trump plonge les républicains dans l'angoisse des midterms
Le déclin de la confiance des électeurs américains envers Donald Trump n'est plus un phénomène partisan. Selon une récente enquête du Pew Research Center, la cote de popularité du président est tombée à son plus bas niveau depuis son retour à la Maison-Blanche, avec une érosion notable jusque dans son propre camp. Alors que 37 % des Américains approuvent son action – un chiffre inédit pour ce second mandat –, 62 % expriment une désapprobation record. Cette défiance ne se limite pas aux seuls démocrates : elle gagne les rangs républicains et une partie de l'électorat qui l'avait soutenu en 2024, remettant en cause la stabilité de sa coalition électorale à l'approche des élections de mi-mandat.
La guerre en Iran, qui dure depuis près de dix semaines, constitue le principal carburant de ce mécontentement. En provoquant une flambée des prix du pétrole, elle a porté le prix moyen de l'essence à 4,43 dollars le gallon, un niveau inédit depuis quatre ans. L'inflation annuelle a bondi à un pic de près de trois ans, et les ménages américains réagissent. Près de 44 % d'entre eux déclarent réduire leurs déplacements en voiture, 42 % ont amputé leurs dépenses courantes et 34 % ont modifié leurs projets de vacances, selon un sondage ABC News/Washington Post/Ipsos. L'administration Trump peine à convaincre : le discours de la Maison-Blanche, qui se borne à comparer la situation à celle de l'ère Biden, sonne comme un aveu d'impuissance face à des électeurs qui attendent des réponses concrètes sur leurs factures d'épicerie et l'issue d'un conflit sans horizon clair.
Les répercussions de cette crise dépassent largement les frontières américaines. En Europe, la flambée des prix de l'énergie ravive les tensions entre États membres, certains pays francophones comme la Belgique voyant leur tissu industriel fragilisé par des coûts de production insoutenables. Au Canada, où les consommateurs subissent également la hausse des carburants, le discours belliciste de Trump suscite l'inquiétude, tandis que les provinces pétrolières de l'Ouest, bien que bénéficiant temporairement des cours élevés, redoutent une récession mondiale qui frapperait leurs exportations. En Afrique francophone, plusieurs États importateurs de pétrole – du Sénégal au Cameroun – voient leurs marges budgétaires se réduire, compromettant des programmes de développement déjà fragiles. La guerre iranienne agit comme un révélateur des vulnérabilités d'une économie mondiale dépendante du pétrole, alors que les alternatives énergétiques peinent à s'imposer.
Dans les couloirs de Washington, l'angoisse est palpable. « Nous savons que nous sommes déjà cuits pour les midterms », confie un responsable de l'administration au réseau MSNBC, sous couvert d'anonymat. Si les démocrates mènent actuellement dans les intentions de vote, leur avance n'est pas décisive, laissant planer une incertitude sur la capacité du parti à capitaliser sur ce mécontentement. Mais pour Trump, le signal est clair : son absence du bulletin de vote ne suffira plus à protéger son parti. La question qui se pose désormais est celle de la viabilité d'une coalition qui, rongée de l'intérieur par les conséquences économiques d'une guerre sans fin, pourrait bien vaciller lors du scrutin de 2026, entraînant dans son sillage des répercussions géopolitiques durables.
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