
L’euro numérique obtient un premier feu vert parlementaire face à la domination américaine des paiements
La commission des affaires économiques du Parlement européen a adopté le cadre juridique de la monnaie numérique de banque centrale, destinée à réduire l’emprise des réseaux Visa et Mastercard sur la zone euro.
La commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a approuvé, mardi, le règlement fondateur de l’euro numérique par 43 voix contre 14 et une abstention. Ce vote ouvre la voie aux négociations interinstitutionnelles avec les États membres et la Commission européenne, qui pourraient aboutir à une adoption définitive d’ici la fin de l’année. La Banque centrale européenne (BCE) prévoit ensuite une phase pilote de douze mois à compter du second semestre 2027, pour un lancement complet en 2029. Concrètement, l’euro numérique prendra la forme d’un portefeuille électronique adossé à la banque centrale mais distribué par les banques et les fintechs, utilisable pour des paiements en ligne et en magasin, y compris hors connexion, sans remplacer les espèces.
Selon les institutions européennes, ce projet répond à une double urgence : offrir aux citoyens un moyen de paiement public paneuropéen gratuit et, surtout, réduire une dépendance jugée excessive envers les opérateurs privés non européens. D’après les données de la BCE, près des deux tiers des paiements par carte dans la zone euro sont traités par des entreprises américaines, Visa et Mastercard en tête, et treize des vingt-et-un pays de la zone ne disposent d’aucun système national de carte pour les achats quotidiens. La perspective que Washington utilise cette infrastructure comme levier géopolitique a été ravivée par les sanctions imposées en 2025 à des juges de la Cour pénale internationale, dont le Français Nicolas Guillou, privé d’accès à sa carte Visa. L’essor des stablecoins libellés en dollars, encouragé par l’administration Trump, a renforcé ces craintes au sein des capitales européennes.
L’opposition au texte est venue des groupes d’extrême droite et ultraconservateurs du Parlement, qui dénoncent une intrusion étatique dans les moyens de paiement. Le secteur bancaire européen, de son côté, exprime des réserves persistantes. La Fédération bancaire européenne chiffre à 18 milliards d’euros le coût d’adaptation des systèmes, quand la BCE l’estime entre 4 et 5,8 milliards. Les établissements redoutent également une fuite des dépôts vers les portefeuilles numériques de banque centrale, malgré les garde-fous promis par l’Eurosystème, et voient dans l’euro numérique un concurrent direct à leurs propres solutions, comme le système de paiement paneuropéen Wero. Certains législateurs avaient plaidé pour une infrastructure confiée au secteur privé, mais le compromis final confie à la BCE la maîtrise de l’architecture technique.
Le calendrier institutionnel prévoit désormais un éventuel vote en séance plénière en juillet si un groupe politique le réclame, faute de quoi les trilogues débuteront directement. La présidence tournante du Conseil de l’Union européenne et la Commission s’attendent à un accord législatif avant la fin 2026, condition indispensable pour que la BCE lance ses expérimentations. L’euro numérique ne se substituera pas au cash, dont le cours légal est réaffirmé dans le paquet législatif, mais il ambitionne de fournir une alternative souveraine dans un paysage où, selon le rapporteur du texte, l’Espagnol Fernando Navarrete Rojas, « personne ne doit être contraint d’abandonner les espèces, ni privé d’une option de paiement numérique sûre, résiliente et véritablement européenne ».
| Presse atlantique / anglosphère | −0.20 | neutral |
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| Presse européenne continentale | +0.30 | aligned |
| Presse latino-américaine | −0.10 | neutral |
Les marchés financiers anglo-saxons observent l'euro numérique avec détachement, mesurant son impact sur le dollar et la stabilité mondiale.
Un lexique technico-financier est utilisé pour dépolitiser la décision, la transformant en une variable de portefeuille.
Le contexte politique de la souveraineté européenne est omis, réduisant la discussion à de simples effets de marché.
L'Europe continentale revendique l'euro numérique comme un outil de souveraineté et de protection, le légitimant par le consentement parlementaire.
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La nouvelle est réduite à une note de bas de page, utilisant un ton condescendant qui nie tout impact significatif sur la région.
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