
La fin du bagage à main gratuit : Lufthansa aligne ses tarifs sur ceux des low-cost
Le groupe Lufthansa franchit un cap symbolique en annonçant la suppression du bagage à main gratuit dans sa nouvelle classe économique de base sur les liaisons court et moyen-courriers. À compter du 19 mai, les voyageurs optant pour le tarif « Economy Basic » ne pourront plus emporter qu’un petit sac personnel – laptop, sac à main ou petit sac à dos – sans frais supplémentaires. La moindre valise cabine, même aux dimensions standard autorisées jusqu’alors, devra désormais être payante, à partir de quinze euros par trajet. Cette décision, qui concerne l’ensemble des compagnies du groupe – Lufthansa, Swiss, Austrian Airlines, Brussels Airlines et Eurowings –, acte une convergence brutale avec les pratiques des transporteurs low-cost, où la gratuité du bagage à main a depuis longtemps disparu.
La mesure, annoncée d’abord pour des liaisons sélectionnées avant une généralisation progressive, intervient après une expérimentation menée par Air France l’an dernier. En Allemagne, où le débat sur la qualité du service aérien est vif, la presse économique souligne que ce nouveau tarif vise à capter une clientèle sensible aux prix tout en augmentant les recettes annexes. En Suisse, le Tages-Anzeiger rappelle que les associations de consommateurs ont déjà intenté des actions en justice contre des pratiques similaires chez les low-cost, estimant que la restriction du bagage à main constitue une prestation essentielle désormais facturée à part. Le groupe allemand justifie sa réforme par un souci de « choix et de transparence », mais les voyageurs italiens, via Il Fatto Quotidiano, y voient la fin d’un service de base qui distinguait les compagnies traditionnelles des low-cost.
Au-delà des réactions consuméristes, ce mouvement soulève une question stratégique pour l’ensemble du transport aérien européen. En alignant ses tarifs sur ceux de Ryanair ou Wizz Air, Lufthansa risque de banaliser une logique de dégradation des prestations incluses, déjà critiquée pour sa complexité et ses surcoûts cachés. À l’heure où la Commission européenne réfléchit à un encadrement plus strict des frais annexes, cette décision pourrait accélérer une régulation. Pour les passagers francophones d’Afrique ou du Canada, souvent dépendants des hubs européens pour leurs correspondances, l’impact se fera sentir dès l’achat d’un billet, le bagage à main devenant un luxe optionnel. Le pari du groupe Lufthansa est que le prix d’appel, très bas, compensera la perte de confort. Mais dans un ciel encombré, la guerre des bagages ne fait que commencer.
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