
La guerre en Iran asphyxie le transport aérien : pénurie de kérosène et chaos annoncé
La fermeture du détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce pétrolier, a plongé le transport aérien mondial dans une crise sans précédent. Depuis le déclenchement du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran fin février, les prix du kérosène ont bondi de plus de 40 %, atteignant par endroits 150 à 200 dollars le baril, contre 85 à 90 auparavant. Cette flambée, conjuguée à une raréfaction des approvisionnements, contraint les compagnies à réduire leurs vols et à augmenter leurs tarifs, menaçant directement la saison estivale.
En Europe, le groupe Lufthansa a annoncé la suppression de vingt mille liaisons court-courrier sur six mois, tandis que l’association des aéroports ACI Europe alerte sur une pénurie imminente de kérosène dans les semaines à venir, susceptible de paralyser les plateformes aéroportuaires. Outre-Atlantique, les transporteurs américains subissent de plein fouet la hausse : United Airlines envisage une augmentation des billets pouvant atteindre 20 %, et des compagnies low cost comme Spirit Airlines sont au bord de la faillite. La Californie, isolée du réseau national de pipelines, voit ses réserves de carburant aviation chuter de 25 % à leur plus bas niveau depuis deux ans, avec un prix du gallon à Los Angeles frisant les quinze dollars, soit 50 % de plus que dans d’autres grands aéroports.
Au Canada, Air Transat a supprimé environ mille vols entre mai et octobre, WestJet réduit sa capacité de 6 % en juin et augmente ses frais de bagages, tandis qu’Air Canada a relevé ses tarifs pour le premier bagage enregistré. Les compagnies européennes, qui recourent généralement à des instruments de couverture financière, résistent mieux que leurs homologues américaines, mais la pression est générale. Cette crise, qui découle directement d’une confrontation géopolitique majeure autour du détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondial, ne montre aucun signe d’apaisement.
Les analystes prévoient une poursuite des annulations et des hausses de prix au cours des prochains mois, avec des répercussions particulièrement sévères pour les voyageurs à destination de l’Europe et de l’Amérique du Nord. L’été s’annonce coûteux et incertain pour des millions de passagers, tandis que l’industrie aéronautique, déjà fragilisée par la pandémie, doit repenser ses modèles face à une instabilité énergétique durable.
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